Cinema

Jafar Panahi :  » En tant que cinéaste, je veux et dois filmer l’Iran et les Iraniens »

07 mars 2011 | PAR Coline Crance

Du nouveau dans l’affaire Panahi, après la mobilisation du monde du cinéma  en  faveur de la liberté au mois de Février, le metteur en scène Jean-Louis Martinelli a rencontré, le 21 février pour le journal Libération, le cinéaste iranien condamné en décembre à six ans de prison par Téhéran et actuellement en liberté sous caution et  toujours interdit de quitter le territoire iranien pour se rendre à des festivals de cinéma internationaux.

 

Le réalisateur iranien Jafar Panahi le 6 décembre 2010 à Téhéran

Du 12 au 20 février, le metteur en scène Jean-Louis Martinelli fut invité par les programmateurs du Festival de Téhéran à animer un atelier d’acteurs. A cette occasion, le directeur du Théâtre des Amandiers de Nanterre a tenu à rencontrer le cinéaste. Jafar Panahi a appelé à ne pas faiblir la mobilisation et témoigne de la traque quotidienne qu’il doit subir à son encontre, extraits :

 «Avant même d’entrer dans le vif du sujet, nous lui faisons part de notre désir de témoigner de notre rencontre tout en lui demandant s’il le souhaite d’une part et si une telle initiative ne peut lui nuire. « Parlez, écrivez, témoignez de la façon dont vous pouvez et souhaitez le faire, c’est une des conditions de ma survie. Ma situation ne peut pas être plus difficile. Le silence, c’est la mort ».

 « Je vis là la pire des situations. A tout moment, l’on peut venir me chercher pour me jeter en prison. Je me refuse à téléphoner à mes amis, de peur de les mettre en danger et leur demande, pour les mêmes raisons, de ne pas parler de moi. Certes, je pourrais partir à l’étranger. D’ailleurs, probablement, ma mise en liberté, en résidence surveillée, répond à cet objectif. Je suis sûr qu’ils fermeraient les yeux sur mon départ mais je ne le ferai pas. Ma place est ici. Tout d’abord en tant que cinéaste, je veux et dois filmer l’Iran et les Iraniens dont je connais la façon de penser, la manière de marcher, de manger, de respirer. (…) L’autre raison pour laquelle je ne peux partir c’est ceci: que je le veuille ou non, je suis devenu, malgré moi, un symbole et, si je partais, tout le sens de mon travail serait perdu et je laisserais dans le désarroi tous ceux qui, ici, mènent un combat pour que la vie change. »»

source : Libération

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Coline Crance

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