Cinema

« For change, you must challenge your imagination », l’inspirante Frances McDormand au festival Lumière

« For change, you must challenge your imagination », l’inspirante Frances McDormand au festival Lumière

15 octobre 2019 | PAR Lou Baudillon

Frances McDormand est l’une des plus prestigieuses invitées d’honneur du festival, actrice fétiche des frères Cohen depuis leur début, elle a su interpréter toute au long de sa carrière des personnages féminins de caractère dans des productions indépendantes, en témoigne son dernier rôle marquant dans 3 Bilboards, les panneaux de la vengeance pour lequel elle reçue l’Oscar de la meilleur actrice en 2018. 

« J’ai décidé de jouer les premiers rôles »

C’est avec la plus belle des énergies que Frances McDormand fait son entrée dans le petit théâtre de l’Odéon de Lyon. La salle est complète à ras bord de personnes venues écouter la Master-class dédiée à l’actrice. Entre tous les traits pouvant caractériser son travail : la force du caractère, la détermination, le féminisme… l’indépendance est sans doute celui qui ressort le plus. L’indépendance spirituelle, l’indépendance de ses personnages qui conduit à la liberté. Car en effet, de toute sa carrière et de plus en plus en gagnant en maturité, Frances McDormand s’est toujours acharné à interpréter des rôles de femmes importantes et non pas seulement pour mettre en valeur des protagonistes masculins comme souvent dans l’industrie cinématographique. « J’ai décidé de jouer les premiers rôles » assure t’elle des plus simplement avec un grand sourire. Et en effet, c’est cette détermination qui l’a poussé à incarner des rôles de femmes marquantes tels que celui de l’inoubliable Marge Gunderson dans Fargo des frères Cohen, mais si elle assure en riant « avoir fait plein d’autres choses avec plein d’autres gens ».

Travailler avec les frères Cohen, sa véritable « école du cinéma » 

Son rapport à Broadway, au cinéma actuel, la question de la place de la femme dans celui-ci, autant de thématiques que Frances McDormand aborde librement durant l’entretien, comme celle des séries qui l’actrice considère comme des projets novateurs, ouvrant des possibilités multiples par le long format. C’est ainsi qu’elle développe en 2014 la série Olive Kitteridge pour HBO car selon elle « il est très difficile de raconter le destin d’une femme en 90 min, parce que ça part dans tous les sens ».  Elle revient aussi sur son rapport aux œuvres des frères Cohen, avec qui elle fera ses premiers pas en tant qu’actrice puis en tant que productrice. Une véritable « école du cinéma » pour elle. Joel Cohen, son mari depuis presque 30ans, et Ethan, son frère. L’un « visionnaire et technologique » et l’autre « littéraire et poétique » selon elle. Plus tard, elle tournera Mississippi Burning, dont elle évoque le tournage et notamment la place de la femme et de son consentement dans certaines scènes qui aujourd’hui peuvent poser la question de l’abus du pouvoir. Puis c’est au tour de Darkman de Sam Raimi et Secret défense de Ken Loach, deux réalisateurs dont elle évoque avec tendresse les expériences de travail différentes, parfois difficiles et éloignée de ses propres convictions. « J’ai une sorte de dyslexie d’acteur, j’ai besoin de quelque chose de plus organique, pas seulement de suivre des indications ».

« Pour qu’il y ai un véritable changement, il faut que les auteurs défient leur imagination »

« Il est très difficile encore aujourd’hui d’obtenir des subventions pour des scénarios autour de personnages féminins sortant des sentiers battus. Mais je pense que cela est en train de changer, grâce à la télévision et aux séries. » exprime t-elle lorsqu’on la questionne sur les avancées de la condition féminine au cinéma. Très engagée sur la question, Frances McDormand rappelle qu’une femme metteuse en scène n’a pas de seconde chance dans cette industrie et qu’ainsi les femmes, mais aussi les personnes issues de minorités diverses, n’ont que très peu d’opportunités. Impossible d’oublier son discours lors de sa remise en prix aux Oscars en 2018, durant lequel elle a fait se lever toutes les femmes nommées de l’audience faisant ainsi la lumière sur leur présence minime dans le cinéma tout en leur rendant un hommage émouvant. « Pour qu’il y ai un véritable changement, il faut que les auteurs défient leur imagination et leur façon de voir les choses, ainsi seulement il pourra y avoir plus d’inclusion dans les histoires ». 

 

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Lou Baudillon

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