Cinema
Oz : Il était une fois un grand conteur réduit au banc de yesman. Il était une fois Sam Raimi.

Oz : Il était une fois un grand conteur réduit au banc de yesman. Il était une fois Sam Raimi.

06 mars 2013 | PAR Yohann Marchand

Après le catastrophique Spiderman 3, Sam Raimi avait fui les blockbusters pour retrouver son âme de sale gosse sur Drag Me To Hell. Un retour gagnant dans la cour des grands réalisateurs de film d’horreur.

L’idée même d’imaginer ce fanboy à la tête d’une superproduction Disney, labellisée de surcroît par le producteur de Alice au pays des merveilles ; était un fantasme pour tout cinéphile avide d’assister à une explosion cartoonesque de l’univers bien gentillet de Mickey. Au final il n’en est rien. La déception est d’autant plus grande que le film n’est pas raté. C’est un joli conte facile à consommer qui ravira petits et grands. Hélas le monde d’Oz n’a de fantastique que sa magie. «Je suis un magicien. Un escroc du cirque.» clame Oscar Diggs. Sam Raimi aussi. Derrière une mise en scène calibrée à la Spiderman : de majestueux plans séquences qui allient action et allégresse. Et de son habilité à incorporer de véritable tensions émotives qui élèvent ce voyage enfantin en film d’aventure dramatique. La magie a du mal à dissimuler une absence totale de créativité.

Sam Raimi fait le service minimum avec les travers d’un Spiderman 3. Voir en pire. Car ici la touch «Alice» est exécrable. Les décors suintent le carton-pâte et livrent une ballade numérique qui entache toute immersion poétique. Quant-à la 3D utilisée en parcimonie, elle n’apporte aucun sursaut à une réalisation engluée dans un académisme poussif. Oz ne ressemble pas à du Raimi. Un gage de qualité d’un part d’un réalisateur qui cherche à se renouveler mais qui se prend encore les pieds dans les rouages du film à studio. Ici, le conte prime plus que son adaptation. Un singe qui parle, un nain ronchon, et une poupée en porcelaine au grand coeur raviront les enfants et le merchandising. Alors que les adultes se contenteront de ce faux magicien, plus obsédé par la plastique des sorcières que par la guerre qui les oppose. Un semblant de second degré et de sous entendu graveleux sont l’apanage de ce conte revisité par Sam Raimi. Il est bien loin le temps où le sale gosse faisait preuve de finesse. Et quand bien même il ponctue son aventure dans un délire Disneylien, où l’épouvante épouse l’imagerie de la sorcière sur son balai au gréé d’artifices magiques. La supercherie ne prend pas. Le Monde fantastique d’Oz s’égare dans une imagerie factice et divertit sans grande originalité. Excepté la première demi-heure filmée au format 1:33 noir et blanc, où Sam Raimi nous surprend par sa sobriété et son amour invétéré pour l’humour potache.

Oz confirme que le réalisateur de la trilogie de Spiderman a peut-être perdu de sa superbe, mais que celui d’un plan simple continue de nous émerveiller.

Don Van Vliet à la galerie Michael Werner
Notre Dame De Paris écrin de La Création
Yohann Marchand

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