Cinema
Flamenco Flamenco : la nouvelle pépite de Carlos Saura

Flamenco Flamenco : la nouvelle pépite de Carlos Saura

02 décembre 2011 | PAR Elodie Rustant

Oubliez les frimas de l’hiver naissant et la morosité ambiante devant le nouveau chef-d’œuvre du cinéaste espagnol.

Après Carmen (1983), Sevillanas (1992) et Flamenco (1995), c’est encore de danse dont il s’agit, et plus particulièrement (vous l’auriez deviné) de flamenco. Mais, cette fois, aucun scénario ne sert de prétexte à la danse. La danse est filmée pour elle, et pour elle seule sans aucune narration.

Les plus grands danseurs, chanteurs et musiciens du flamenco sont mis en scène dans un enchaînement de vingt tableaux mouvants sublimes. Le pari était risqué car comment construire un film ne reposant que sur des numéros de danse ? Selon les propos du cinéaste lui-même, « au-delà de 4 minutes, on se répète et on fatigue le public ».

On est totalement subjugué par la grâce de Sara Baras, l’étourdissante technique de Rocio Molina, l’avant-gardisme d’Israel Galvan ou la virtuosité d’El Carpeta jeune prodige de treize ans. Et c’est tout le génie de Carlos Saura qui a su percer et dévoiler le caractère propre à chaque artiste. Chaque nouveau tableau est un bijou unique.

Saura filme cette danse comme personne. Son regard se pose sur un élément que nous n’aurions peut-être pas remarqué : une ombre portée sur le visage, la tension d’un avant-bras, le jeu fou d’un talon claquant sur le sol.

Son film s’offre comme un voyage introspectif de l’art du flamenco dans lequel la lumière agit comme élément révélateur. Si les artistes évoluent dans la lumière du soleil, c’est pour évoquer l’enfance du flamenco aux origines andalouses. Lorsque la doyenne María Bala chante une déchirante saeta c’est dans l’obscurité, symbolisant la puissance quasi religieuse de cet art.

Un ballet étourdissant pour un cinéaste touchant à la quintessence de son art.

Au cinéma le 14 décembre

Festival H2O, rendez-vous incontournable de danse hip-hop
Une étoile et moi Hommage à Judy Garland
Elodie Rustant

2 thoughts on “Flamenco Flamenco : la nouvelle pépite de Carlos Saura”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *