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En Koniglig Affaere (A Royal Affair) : un mélodrame raté sur les Lumières Danoises

En Koniglig Affaere (A Royal Affair) : un mélodrame raté sur les Lumières Danoises

17 février 2012 | PAR Yaël Hirsch

En compétition au 62ème festival du film de Berlin, « A Royal Affair » de Nikolaj Arcel retrace le destin fantastique d’un médecin allemand imprégné des idées des Lumières devenu premier ministre du roi du Danemark et amant de la femme de ce dernier. Un désastre philosophique et cinématographique, qui pourrait presque être drôle, s’il n’était aussi long.

Fragile psychologiquement, le roi du Danemark (Mikkel Boe Folsgaard) épouse une parfaite jeune-fille de son rang, élevée en Angleterre (Alicia Vikander). Elle s’appelle Carolina, joue du piano avec talent, et adore les hommes de lettres, surtout ceux des Lumières. La jeune reine tombe vite enceinte et, déçue par son mari psychotique, enfantin et coureur, elle se résigne à faire la fête et tenir son rang jusqu’à la mort. Mais son mari part en tournée en Europe et dans la colonie Danoise d’Altona, il s’entiche d’un médecin allemand, Friedrich Struendsee (Mads Mikkelsen). Il revient avec son nouvel ami et conseiller au Danemark … Au début, Carolina voit d’un mauvais œil l’aval si grand qu’a cet homme aux mœurs libertins sur son mari. Mais quand elle découvre sa bibliothèque où sont dissimulés des ouvrages de Rouseau et Voltaire, elle tombe sous le charme du médecin et tente de l’aider à convaincre le roi de libéraliser le Danemark…

Etalages de robes à paniers pour la reine, folie gloussante calquée sur l’Amadeus de Forman pour le roi et œil de Saint-Just au dessus de la bouche pincée de la vérité pour le médecin, le trio évolue dans une lumière qui se veut nordique, sur une lourde musique qui voudrait nous dire où nous sentir émus. Au cas où le message dramatique serait encore trop fin, des gros plans viennent montrer les visages des protagonistes quand ils reçoivent une nouvelle qui les affecte. Les lumières sont malmenées à travers quelques citations bâclées, Shakespeare est particulièrement mal traité pour nous rappeler qu’il « y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark ». Bref, le fond et la forme sont respectivement inepte set kitsch, le tout sur 2h40. Question : pourquoi une sélection dans la compétition ?

En Koniglig Affaere, de Nikolaj Arcel, avec Alicia Vikander, Mads Mikkelsen, Mikkel Boe Folsgaard, Danemark, 1h30. En compétition.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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