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The King of New-York, une vision baroque du parrain par Abel Ferrara

The King of New-York, une vision baroque du parrain par Abel Ferrara

01 octobre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Film culte et probablement chef d’œuvre d’Abel Ferrara, « King of New-York » dépeint le retour aux affaires d’un gangster à sa sortie de prison et son irrésistible chute dans un Manhattan saturé de violence et de métissages qui ne fonctionnent pas. Un film de bandits à la majesté baroque, porté par l’hypnotique Christopher Walken. Sortie chez Carlotta le 24 octobre 2012.

A sa sortie de prison Frank White (Christopher  Walken) s’installe dans une suite au Plaza, reprend en main les affaires fait comprendre assez vite aux divers gangs qui dealent de la drogue que désormais, le maître ce sera lui. Secondé par un jeune lieutenant fou (Wesley Snipes) et une maîtresse-avocate hors-pair (Janet Julian), il opère un sacré nettoyage. Mais il dit ne tuer que des gens qui le méritent et vouloir reprendre le business de la drogue avec un idéal : celui du travail bien fait et de profits réinvestis dans un hôpital de soins publics de première qualité à Harlem.  Mais écœurés de laisser ce meurtrier au premier degré s’en sortir en surfant sur des passes d’armes juridiques et la corruption, un policier (David Caruso) décide contre l’avis de son supérieur (Victor Argo) de lancer une opération violente de noyautage et nettoyage du gang de Frank…

Tout en douceur et en éclairage nuit dans les fauteuils en cuir des longues limousines ou dans le satin des divans du Plaza et des clubs à la mode de la fin des années 1980, les notes d’un concerto pour violon de Vivaldi s’égrènent sous les yeux bleu profond du magnétique Christopher Walken. New-York de la fin des années 1980, ville-monde, cité aux mille tribus, à l’énergie saturée et à la violence omniprésente, à commencer par celle des inégalités sociales est présenté comme l’écrin luxueux d’une banale et poétique histoire de règlements de comptes. Tout est doux, félin, baroque. Mêmes les scènes de fusillades et des courses-poursuites en limousines blindées. Que de raffinements! Et qu’on est loin de l’image californienne, hystérique et saturée du « Savages »d’Oliver Stone sur cet éternel sujet du film de gangsters : la lutte pour prendre la tête du cartel de la drogue. Lancinant, esthétique et presque existence « The King of New York » est toujours comparé dans sa dimension « culte » au « Parrain » ou aux « Affranchis ». Mais avec le surplomb que nous avons maintenant sur les années 1980, l’on se demande si ce chef d’œuvre d’Abel Ferrara n’est pas plus proche de … Barry Lindon. A voir ou à revoir absolument.

Dans les Bonus ne manquez pas une interview récente assez piquante d’Abel Ferrara dans un hall d’hôtel  par la spécialiste du réalisateur Nicole Brenez qui lutte avec la langue de Shakespeare : « Possession » (27 min) et celle du producteur du film, Augusto Caminito, qui comme tout gentleman italien parle parfaitement français (19 min).  Vous trouverez également la bande-annonce du film.

« Kings of New-York » d’Abel Ferrara, avec Chsriopher Walken, Laurence Fishburne, David Caruso, Janet Julian, Wesley Snipes, Victor Argo, Steve Buscemi, USA, 1990, 1989, 103 min, Carlotta, dvd 16.99 euros et Blu-ray 24.99 euros. Sortie le 24 octobre 2012.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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