Cinema
Dvd : Deux rééditions de Vittorio de Sica chez Tamasa, à l’occasion de l’hommage au festival Lumière

Dvd : Deux rééditions de Vittorio de Sica chez Tamasa, à l’occasion de l’hommage au festival Lumière

21 octobre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Alors que le réalisateur italien du « Voleur de Bicyclette » (1948) est à l’honneur du Festival Lumière de Lyon qui s’est terminé ce week-end, Tamasa et Studiocanal rééditent deux de ses films dans la collection « Viva Italia! ». L’adultère d’une mère vu par les yeux d’un petit garçon délaissé et une déclaration d’amour en 6 épisodes à Naples par Vittorio de Sica.

Les enfants nous regardent (I Bambini ci Guaradno, 1942)
A 7 ans, le petit Prico a une maturité qui n’est pas de son âge. Tombée folle amoureuse d’un jeune amant, sa mère quitte une première fois le foyer, laissant le petit garçon dans les mains d’une jeune fille plus occupée à compter fleurette qu’à le surveiller. Sa « mama » lui manque tellement que Prico en tombe malade; elle revient d’abord sous le regard blessé et hostile du père, puis petit à petit la joie de vivre revient dans le foyer. Jusqu’à ce que le papa laisse sa femme et son fils seuls en villégiature. Un moment béni pour l’amant congédié qui repart à la charge pour récupérer une femme toujours amoureuse de lui…

L’abandon vu à travers les yeux d’un enfant est quelque chose de terrible. Avec un réalisme et un minimalisme d’orfèvre, De Sica parvient une fois encore à nous montrer les faiblesses des adultes à travers ce prisme d’innocence et de fragilité.

« Les enfants nous regardent« , de Vittorio de Sica, avec Isa Pola et Luciano de Ambrosis, Emilio Cigoli, Adriano Rimoldi, Giovanna Cigoli, Italie, 1942, 1h20, dvd Tamasa Films/ Studiocanal, + Bonus : Livret 12 pages, le regard de Jean Gili, Album photos et affiches. Sortie le 16 octobre 2012. 29.90 euros.

L’or de Naples (L’oro di Napoli, 1954)
Dans une série de six portraits à la fois truculents et poétiques, De Sica rend hommage à Naples. Il y a le gangster aussi tyrannique qu’hypocondriaque, installé chez un ancien ami d’école et phagocytant son foyer, il y a aussi le vrai-faux sage qu’on consulte mais qui persifle, le joueur et sa déchéance. Il y a deux portraits de femmes : la loufoque et gironde pizzaiola adultère (Divine Sophia Loren) qui laisse sa bague matrimoniale chez son amant, le chausseur; et puis la mélancolique prostituée qu’un gentleman argenté épouse pour son malheur (émouvante Silvana Mangano). Enfin, au cœur de ces fresques qui commencent toutes comme ils se doit par des cris à l’interstice entre la rue et le foyer, il y a une bien triste procession externe : un convoi funéraire pour un enfant napolitain mort. Et la mise en scène d’une douleur parée, dorée et extravertie que De Sica montre avec majesté sans jamais la juger. Véritable hymne à la ville de Campanie présentée avec son accent et ses excès « sudistes », « L’or de Naples » est une pépite policée et raffinée, qu’on découvrira ou redécouvrira avec jubilation.

« L’or de Naples« , de Vittorio de Sica, avec Silvana Mangano, Sophia Loren, Vittorio de Sica, Paolo Stoppa, Erno Crisa, Toto, Italie, 1954, 2h11, dvd Tamasa Films/ Studiocanal, + Bonus : Livret 12 pages, le regard de Jean Gili, Album photos et affiches. Sortie le 16 octobre 2012. 19.90 euros.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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