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[Deauville 2015] La Cérémonie d’ouverture avec Keanu Reeves : du sable, des planches, une étoile et la neige (04/09/2015)

[Deauville 2015] La Cérémonie d’ouverture avec Keanu Reeves : du sable, des planches, une étoile et la neige (04/09/2015)

06 septembre 2015 | PAR La Rédaction

Notre arrivée, et ce 41ème festival, ne pouvaient pas débuter autrement que par les incontournables planches en préface de la plage. C’est ici que le très attendu Keanu Reeves est arrivé avec son très remarqué et commenté mètre 86 pour signer le livre d’or et inaugurer une cabine à son nom.

La cohue toujours bonne enfant et assez indescriptible peut se résumer par deux de ses protagonistes : l’un tendant un coffret DVD de Matrix à signer au passage de l’acteur et l’autre demandant  » on m’a dit qu’il avait jouer dans Matrix, c’est vrai? ».

L’acteur principal de la mythique trilogie des frères Wachowsky a traversé un peu plus tard tout le public assis dans la salle du Centre International de Deauville pour rejoindre la scène afin d’y recevoir leur hommage. L’originalité du discours a été porté, à l’inverse du clip rétrospectif visionné juste avant, par les motivations, les refus et les prémices de ses futures réussites. Presque 40 ans après, l’homme de 51 ans qu’il est devenu cette semaine regardait les rêves de l’adolescent de 15 ans avec la sérénité de les avoir cultivés. Et plutôt que de nous parler de Coppola, Catherine Bigelow et de Gus Van Sant, il nous a parlé de l’enfant qui rêvait d’Hollywood et qui a d’abord vendu des céréales et du Coca-Cola dans des pubs…Américain était donc ce festival, il pouvait commencer.

La cérémonie a ensuite continué avec la présentation du jury, présidé cette année par le réalisateur Benoît Jacquot qui remettra le 12 Septembre le Grand Prix entouré de Sophie Fillières, Marie Gillain ou encore Louis Bourgoin. Pour cette 41ème édition du festival du cinéma américain, 14 films de réalisateurs indépendants, et de studios hollywoodiens seront en compétition.

Everest, hors compétition, a ensuite ouvert le festival en présence de l’acteur principal, Jason Clarke et de son réalisateur Baltasar Kormakur. Ce film à grand spectacle avait aussi fait l’ouverture de la Mostra de Venise mercredi dernier.

Le film se décompose (malheureusement à tous les sens du terme) en deux grandes parties bien distinctes : la montée du sommet et la descente. Pour être même plus précis, il y a trois moments chronologiques dans la narration : l’ambition d’un film personnel d’auteur (Kormakur fut un homme de théâtre contemporain), puis un film d’aventure à suspense et enfin, la chronique d’un fait divers (le réalisateur s’ étant plus qu’inspiré d’une histoire vraie).

La première partie est vraiment intéressante et donne beaucoup d’espoir quant à la dimension possible du projet.

L’humanité est dans une « zone de mort » et elle y fait des défis, des ambitions, de la compétition, du commerce, du cynisme et elle y meurt. Face à l’idéal, à l’impossible, on peut relever son ambition, en faire un suicide, en faire de l’argent pour sensations fortes ; chacun y trouve son chemin pour y exister. Mais notre humanité individuelle finalement les empruntera tous.

La deuxième partie, entre l’ascension au sommet et le début de la descente, est portée par une réalisation efficace. Nous sommes là dans un classique maîtrisé d’un film d’aventure en haute altitude. Suspense, vertige, paysages merveilleux sont au rendez-vous, sans sensationnalisme.

La dernière partie en reste au fait divers, sans trop de mélo, sans trop de perspective, ni de recul, en fait sans rien d’autre que de la chronique des heures (qui défilent, inscrites au bas de l’écran).

Au final, ce n’est pas un mauvais film. Certains pourront même le trouver solide, attachant et malin. Car il y avait là les moyens d’en faire une épopée plus noueuse. Il y avait notamment la distribution pour cela, un Jake Gyllenhaal une nouvelle fois méconnaissable dont le personnage si prometteur est malheureusement bâclé, Emily Watson, Josh Brolin ou encore Robin Wright chacun impeccable dans leur interprétation et qui construisent des projets, des parcours qui ne demandaient qu’à se dévoiler plus encore.

Ainsi, les différents points de vue narratifs qui se succèdent, empêchent au film d’avoir une unité, un propos, un parti-pris, une voix. Un film d’action bien ficelé aurait été parfaitement acceptable. Un pop-corn movie à la Cliffhanger ou Vertical Limit possède sa cohérence. Un film d’auteur sur les pourquoi des risques que l’on prend pour se surpasser ; ou bien un simple récit factuel et émouvant d’événements passés aurait tout autant de légitimité. Mais là, cela n’a pas été tranché, on ne sait pas d’où l’on parle, ni d’où l’on filme. Alors la métaphysique se juxtapose au fait divers sans jamais se dévorer l’un l’autre

Texte : JFA
visuels : JFC.

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