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[Critique] Paris Cinéma révèle en avant-première « Le beau monde » de Julie Lopes-Curval

[Critique] Paris Cinéma révèle en avant-première « Le beau monde » de Julie Lopes-Curval

09 juillet 2014 | PAR Yaël Hirsch

Le beau monde, quatrième long-métrage de la réalisatrice Julie Lopes-Curval, qui avait remporté la caméra d’or avec Bord de mer (2002), est un petit bijou de film d’éducation où les univers clashent sans vulgarité et où Ana Girardot rayonne. Un film subtil et magnifique,  présenté dans les avant-premières de Paris Cinéma et à découvrir le 13 août sur les écrans.

[rating=5]

À 20 ans,  c’est la rencontre avec une riche bourgeoise qui permet à Alice (Ana Girardot) de quitter sa ville natale, Bayeux, et son milieu modeste pour entrer dans une prestigieuse école d’arts appliqués. Avec l’aide du fils de sa bienfaitrice, Antoine (Bastien Bouillon), elle trouve un moyen de se loger dans la capitale. Tandis qu’un monde entier s’ouvre à elle, Alice tombe amoureuse d’Antoine et vit un bouleversement d’autant plus douloureux que les différences sociales sont impitoyables.

Il y a  un peu de la Vie d’Adèle dans cette éducation sentimentale sur fond de différence sociale, mais avec plus de nuances quant aux chocs des classes. Il y a aussi un peu d’Un amour de jeunesse, mais avec infiniment plus de douceur. Car douce est Alice, ce personnage principal habité par l’attente de la Mathilde de la tapisserie de Bayeux, très française et néanmoins petite sœur des grandes héroïnes des romans anglais du XIXe siècle. Si le thème du premier amour hors de sa caste jumelé avec des études d’art pygmaliones est très classique, Julie Lopes-Curval le renouvelle de mille détails juste qui vont de certains mouvements de la caméra à des lignes pointues de dialogues en passant par sa façon de filmer de la même manière les visages, les corps et les paysages. Il y a quelque chose de pastel dans ce film très abouti et en même temps très fragile, qui permet aux personnages de nous échapper sans nous fuir et qui permet à tout un chacun de s’identifier et de s’émouvoir. À voir au cœur du mois d’août.

Le beau monde, de Julie Lopes-Curval, avec Ana Girardot, Bastien Bouillon, Sergi Lopez, Aurélia Petit, Baptiste Lecaplain, David Houri et Coralie Jouhier, France, 2014, 1h35, Pyramide distribution. Sortie le 13 août 2014.

Visuels : (c) photo et affiche officielles

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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