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[Critique / Berlinale, avant-première] : « A long Way down », une comédie de Saint-Valentin british avec Pierce Brosnan et Toni Collette

[Critique / Berlinale, avant-première] : « A long Way down », une comédie de Saint-Valentin british avec Pierce Brosnan et Toni Collette

11 février 2014 | PAR Yaël Hirsch

Projeté en avant-première et en grandes pompes à la 64ème Berlinale, A long way down est l’adaptation par Pascal Chaumeil (L’Arnacoeur) d’un roman de Nick Hornby (High Fidelity). Une comédie feelgood bien mesurée avec soupçon de climat british et un twist assez caustique. Agréable.

[rating=3]

Qu’ont en commun un présentateur télé qui sort de prison pour avoir couché avec une adolescente de 15 ans (Pierce Brosnan), une fille de député en colère (Imogen Poots), une mère dévouée d’un enfant handicapé (Toni Collette) et un chanteur de grunge raté (Aaron Paul)? Ils se retrouvent tous un 31 décembre sur le toit d’un des plus hauts immeubles de Londres avec la ferme intention de sauter. Mais ils pensaient avoir un moment de solitude avant de réussir leur suicide. La chaleur humaine et la pluie battante aidant, il se retrouvent tous dans la voiture de l’ex-présentateur et font un pacte : rester en vie jusqu’à la Saint-Valentin et se soutenir d’ici-là. Mais leur histoire est vite ébruitée et ils font la une des journaux…

Rythmé comme du papier millimétré un peu épais, porté par le jeu toujours parfaitement low-key de la grande Toni Collette, par l’eye-line aguicheur de Imogen Poots et le visage sexy-bouffi de Pierce Brosnan, le film est une bonne comédie qui vise juste pour la Saint-Valentin. Parce que justement elle ne parle pas d’amour mais d’un sentiment, qui, à l’heure des tinder et des meetic dure bien plus longtemps que l’oiseau de twitter dont parle Stromae dans sa chanson : l’amitié. Réunis par la vie (ou plutôt la mort) alors qu’ils viennent de classes sociales très diverses, les quatre protagonistes sont super sympathiques. Les dialogues un peu caustiques font du bien aux cellules grises, et tout va bien malgré tout. Pacte rempli, donc, sauf pour ceux qui suivent Nick Horby pour la musique, qui est ici très mainstream et téléphonée, sachant qu’on a l’impression qu’aucun des acteurs ne semble avoir dansé dans un club depuis 1989 et que la musique va avec leurs chorégraphies sautillantes. La bonne nouvelle? On emmène indifféremment sa mère, sa meilleure copine ou son mec avec plaisir voir ce film sympa et léché. La mauvaise? Date de sortie encore inconnue en France.

A long way down, de Pascal Chaumeil, avec Pierce Brosnan, Imogen Poots, Toni Collette, Aaron Paul, UK, 2013, 1h36.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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