Cinema

« Cold War » triomphe aux European Film Awards 2018

« Cold War » triomphe aux European Film Awards 2018

16 décembre 2018 | PAR Yaël Hirsch
Ce samedi 15 décembre 2018 au Teatro de la Maestranza de Séville, les 31e Europeans Films Awards couronnaient Cold War, de Pawel Pawlikowski : meilleur film, réalisateur, scénario et actrice pour Julia Kulig.
Une nuit européenne où l’acteur Ralph Fiennes le réalisateur Costa Gavras et l’égérie d’Almodovar Carmen Maura ont été  récompensés pour leurs carrières.
Toute La Culture était à Séville et vous raconte cette soirée européenne d’art et d’émotion.
Les European Films Awards, c’est les Oscars moins les campagnes de pub des films, comme le notait le grand chouchou de cette 31e édition Pawel Pawlikowski : un ensemble de professionnels du 7 e art européens donnent des prix aux meilleurs films du continent de l’année écoulée. Cela a lieu lors d’une cérémonie qui se passe alternativement à Berlin et dans une ville européenne: cette année Séville.
A partir de 17:15, les stars ont défilé sur le tapis rouge du Teatro de la Maestranza. Pour le public élégant, européen et choisi, les portes ouvrent à 18:45, pour suivre une cérémonie de près de 3:00 menée par Rossy de Palma(Espagne), Ashraf Barhom (Israël), Amira Casar(France), Anamaria Marinca (Roumanie), Ivan Shvedoff (Russie) et Tom Wlaschiha (Allemagne).

Introduite par un danseur de flamenco, la Présidente des European Films Awards Agnieszka Holland parle d’art et d’union. A cette grande dame succède la pimpante Rossy di Palma en torera sexy et mode stand up qui fait applaudir par le public tous les réalisateurs, avant de se lancer dans une diatribe chantée-parlée sur l’honnêteté.

Après un joli spot présentant les Films en compétition, c’est au tour du beau couple Amira Casar et Thomas Wlaschiha de prendre le devant d’une scène construite  comme une brasserie (ou plutôt cervezeria) chic. Eux mêmes laissent la place à Emma Suares (actrice du Julieta de Almodovar) qui a remis leur Prix Eurimage aux réalisateurs Giorgos Karnavas et Konstantinos Kontovrakis.

Puis Ivan Shvedoff et Anamaria Marinca présentent les films en compétition pour le prix du meilleur acteur et c’est la sublime Alexandra Borrely qui remet le prix à Marcello Fonte pour son rôle dans Dogman de Matteo Garrone.
Muni d’un vélo, Asgard Barhom fait effet d’annonce et laisse place à Agnieszka Holland et au producteur Mike Downey, membre de l’académie pour un moment de soutien solennel au prisonnier politique en grève de la faim en Russie, le réalisateur Oleg Sentsov. De même pour Kirill Serebrennikov, dont le beau Leto était nominé.  L’assemblée s’est levée pour ces deux artistes prisonniers.
C’est l’acteur allemand Alexander Feling qui a introduit le prix découverte. Prix qui a couronné justement Girl du jeune Lukas Dhont.

Enceinte et terriblement glamour dans son fourreau bleu nuit, l’actrice Hanna Alström a présenté les nominés au prix du film d’animation. Et le prix à couronné Another Day of life de Raul de la Fuente et Damian Nenow (lire notre chronique et  voire notre interview à Cannes ci-dessous).


En salopette chic, Vicky Krieps l’actrice luxembourgeoise de Phantom Thread à remis le prix du scénario à Pawel Pawlikowski pour Cold War.

Wim Wenders a rendu un bel hommage aux films humanistes et politiques de Costa Gavras (Prix Honorifique du Président et du Comité EFA) dont il a fait la biographie:  « N’aie pas peur de l’industrie du divertissement, utilisé-la » serait la leçon de Costa.
Un petit intermède de flamenco chanté nous ramène à Rossy de Palma qui parle aux femmes du monde: « Soyez fortes et aimez vous ». Le prix de la meilleure actrice a été remis par Nahuel Perez Biscayart à Joanna Kulig pour Cold War.
Le prix de la meilleure comédie est allé à La mort de Staline de Armando Ranucci, film banni en Russie. Premier anglais à monter sur scène le réalisateur a dit de tout cœur : « J’adore l’Europe »
Côté court, c’est l’adaptation des années (« The years ») de Annie Ernaux par Sara Fgaier qui a remporté le prix.
En larmes, en vert pistache sublime, et bouleversante, la merveilleuse Carmen Maura, présente depuis 1988 aux EFA à été couronnée par le prix Lifetime Achievement. Les discours de Amira Casar et de Wim Wenders ainsi que ses remerciements noyés de mascara et qui n’arrivaient pas à s’énoncer en anglais pour y mêler l’espagnol et le français nous ont tous donné la chair de poule.
Le Prix du public a été decerné à la Comédie italienne Call me by your name, de Luca Guadagnino, en son absence.
Emmanuelle Seigner est venue remettre le prix du meilleur directeur à Pawel Pawlikowski, qui a déjà reçu le prix pour son actrice et le prix du meilleur scénariste pour Cold War.
Puis c’est au tour de l’élégant Ralph Fiennes de recevoir son prix (European Achievement in World Cinema Award) dans un discours d’amour pour l’Europe et ses parents.
Enfin, en bouquet final, le prix du meilleur film européen est allé à Cold War, grave vainqueur de cette 31 édition.
La soirée s’est poursuivie au majestueux Casino de la Exposicion où tout le cinéma européen a follement dansé, sous la houlette d’un DJ tout droit sorti des films d’Almodovar : l’extraordinaire Carlos Areces qui a su enchaîner « Total eclipse of the heart » et « Volare ». Muchas Gracias!
Visuels : YH
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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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