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Cannes, Jour 9 : bienfaisante Australie, ratage britannique, horreur réjouissante à la Quinzaine et abordage à Monaco

Cannes, Jour 9 : bienfaisante Australie, ratage britannique, horreur réjouissante à la Quinzaine et abordage à Monaco

23 mai 2014 | PAR La Rédaction

Aujourd’hui, avec Cannes, on part loin pour suivre de grands destins. Un peu lyriques, si possible.

Aujourd’hui à Cannes, satisfaction totale en provenance… d’Australie. Avec Charlie’s Country, on a eu droit à une vraie traversée, lyrique et sociale, de la vie d’un aborigène sur l’île du bout du monde à l’heure actuelle. Un film qui synthétisait les qualités de forme et de fond aperçues jusque-là dans la sélection Un certain regard 2014. Merci à Rolf de Heer, réalisateur, et à son fantastique interprète, David Gulpilil. Pour lire notre critique de Charlie’s Country, cliquez.

Elle commençait mal pourtant, cette journée. Désolé de le dire, car on l’aime bien d’habitude, mais là, avec Jimmy’s Hall, Ken Loach s’est raté. Le manque de surprise et de souffle dans le scénario, bien trop linéaire, ainsi que l’absence d’éclat de la reconstitution, nous ont découragés. Un échec. Vous pouvez quand même lire la critique de Jimmy’s Hall en cliquant.

C’est à la Quinzaine des réalisateurs qu’on a trouvé de quoi contenter notre appétit de cinéma. Avec Alléluia, tout d’abord, nouvelle oeuvre du déjanté Fabrice du Welz. Le réalisateur belge a repris un fait divers des années 1950, déjà adapté en 1970 à l’écran et l’a transposé des USA dans ses chères Ardennes. L’histoire est celle d’un couple de tueurs en série accusés d’avoir tué plus d’une vingtaine de femmes entre 1947 et 1949. Gloria (Lola Dueñas) est mère célibataire et travaille à la morgue, Michel est gigolo et sait charmer les femmes (Laurent Lucas). Ils se rencontrent, c’est l’amour fou et pourtant à chaque fois qu’il couche avec une de ses proies, elle fait une crise de jalousie dont la violence dérape. Terriblement caustique, mettant en avant certains travers belges (notamment la section sur la mission au Congo !) et moquant ouvertement l’Eglise catholique à travers un Sabbat visuel qui inclut flammes, scènes de boucheries préparant massacre et la tronçonneuse et sexe profanateur (les plus jeunes spectateurs ont eu l’air de rigoler jaune, choqués !)… L’arrivée en guest d’Helena Noguerra dans un final jouissivement gore a bien préparé la soirée à thème de la Quinzaine, autour de Massacre à la tronçonneuse. Pour lire notre critique d’Alléluia, cliquez.

A 13h, point de déjeuner pour les journalistes de TLC à Cannes mais une rencontre qui nous a sortis de nos cadres avec un réalisateur et producteur talentueux, Clément Oberto, venu présenter un court de 3 minutes à Cannes. Hop, il a dégainé son I-pad, un bon casque et nous nous sommes plongés dans une séance bonus pour voir l’onirique Matin Lunaire, où une belle femme rousse se réveille dans des éclats de couleurs cinétiques sur une musique signée par le groupe PLAID  (label Warp), qui sort d’ailleurs un album ce jeudi 22 mai même. Talent à suivre sur la page facebook de Overstep Production. Et ici même :

C’est sous des trombes de pluie que nous avons tenté de nous rendre au traditionnel « aioli », qui est un déjeuner offert par le maire aux journalistes du Festival, et qui a d’habitude lieu dans les hauteurs de la vieille ville, Place de la Castre. Sauf qu’on n’avait pas lu que c’était « weather permitting ». Nous sommes donc arrivés en plein démontage de tables sous le déluge. Dommage !

Puis, plus tard dans la journée, on a pu découvrir Next to her, premier film de l’israélien Asaf Korman, tourné en collaboration avec son actrice et scénariste, Liron Ben-Shlush. Un huis-clos étouffant réussi entre une jeune femme et sa sœur cadette autiste, dont elle s’occupe. Même l’amour ne peut trancher le lien fusionnel entre ces deux sœurs. Un film beau, désespéré et qui réussit à créer une sensation physique d’étouffement. Pour lire notre critique de Next to her, cliquez.

Le soir, Naomi Kawase s’est trouvée battue à plate couture(s), et c’est peu de le dire, par un nommé Leatherface. On a préféré assister à la projection de la version restaurée de Massacre à la tronçonneuse, véritable date dans l’histoire du cinéma d’horreur. En présence, bien sûr, de son réalisateur, Tobe Hooper. Pour lire le récit de cette projection, cliquez.

Et puis une partie de l’équipe de TLC a fait l’école buissonnière et quitté la Croisette pour rouler vers Monaco. En pôle position pour le Grand Prix, le Rocher abritait en son port une grande fête sur un bateau. C’est la grande maison de vins de Loire, Bouvet Ladubay, qui recevait.

La soirée réunissait une jet-set internationale (le prince Albert de Monaco a même fait une apparition, de même que plusieurs grands pilotes de Formule 1), qui a laissé ses chaussures dans des sacs en entrant dans le bateau et a été ravie de lumière, de musique, de mets raffinés, et bien sûr de Brut de Loire Bouvet Ladubay.

Littéralement notre verre n’est jamais resté vide, et ce de 20h à 2 heures du matin ! De quoi donner envie de se pencher plus avant sur ce vin pétillant venu de Saumur, et d’affirmer d’ores et déjà que nous avons un petit faible pour la cuvée Trésor rosé. Nous avons aussi pu voir un majestueux défilé de mode 100% indien. Une nuit de fête et de magie, qui nous a un peu éloignés de Cannes, pour mieux nous y ramener.

Ce vendredi, à 8h30, nous commencerons la journée en fanfare avec les cimes du Sils Maria d’Olivier Assayas…

Yaël Hirsch et Geoffrey Nabavian

Photos : Yaël Hirsch

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La Rédaction

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