Cinema

[Cannes, Quinzaine des réalisateurs] « Alleluia » : gore, iconoclasme et humour selon Fabrice du Welz

[Cannes, Quinzaine des réalisateurs] « Alleluia » : gore, iconoclasme et humour selon Fabrice du Welz

24 mai 2014 | PAR Yaël Hirsch

Programmé dans la journée événement où Massacre à la tronçonneuse repassait en présence  à  la Quinzaine des réalisateurs, Alleluia, du réalisateur belge décalé Fabrice du Welz joue sur les genres thriller et les symboles religieux pour proposer un tableau sanglant et réjouissant à nul autre pareil…

[rating=4]

Gloria (Lola Dueñas) est veuve et mère célibataire d’une petite fille. Son travail est de laver les cadavres à la morgue. Décidée à refaire sa vie, elle rencontre sur petite annonce Michel, un gigolo pas né de la dernière pluie qui vit de ses charmes (excellent Laurent Lucas). Ils se rencontrent, coup de foudre, mais il n’y a pas grand chose à voler chez elle. Bonnie & Clyde bien gores, ils traversent leur contrée à la recherche de proies pour Michel. Mais séduire et extorquer de l’argent aux dames riches sans coucher est difficile! Or, à chaque fois que Gloria surprend son aimé avec une autre femme, elle devient folle d’une rage très meurtrière… L’amour, le vrai!

Fabrice du Welz s’inspire d’un fait divers américain des années 1950 (déjà adapté en 1970 à l’écran), celui d’un couple de tueurs en série accusés d’avoir tué plus d’une vingtaine de femmes entre 1947 et 1949. Il le transpose dans les Ardennes pour mieux moquer la culture dont il vient. Terriblement caustique, parfaitement drôle, super sexuel, le film est un concentré de transgression joyeuse. Alleluia se moque ouvertement de l’Eglise catholique à travers un Sabbat visuel qui inclut flammes, scènes de boucheries préparant Massacre à la tronçonneuse et sexe profanateur. Le sobre découpage par épisodes en fait une sorte de Tetraptyque (oui, il y a quatre parties) sur panneau de bois très inflammable. Un über film de genre décalé et formidable.

Alleluia de Fabrice du Welz, avec Lola Dueñas, Laurent Lucas, Helena Noguerra, Edith le Merdy, Anne-marie Loop, Belgique, 2014, 1h35.

Visuel : photo du film

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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