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Cannes, jour 7 : Kawase voyante, la révélation Laetitia Dosch, interview de Kiyoshi Kurosawa

Cannes, jour 7 : Kawase voyante, la révélation Laetitia Dosch, interview de Kiyoshi Kurosawa

24 mai 2017 | PAR Yaël Hirsch

Lever difficile pour le peuple cinéphile de Cannes, aujourd’hui ! Les séances de huit heures trente ont encore été atteintes, mais de justesse !…

Du côté de la compétition officielle, c’est donc Vers la lumière de la réalisatrice japonaise Naomi Kawase qui a bercé ce début de journée de belles images jaunies autour d’un couple formé par un ancien photographe en passe de devenir aveugle et une rédactrice de textes pour décrire des films à des non-voyants. Arbres balayés par le vent, nostalgie, marque des sentiments, forment le diapason coloré de ce film méditatif. Le côté bluette est souligné par une mélodie de piano entêtante signée Ibrahim Maalouf. Manquaient un peu d’originalité, et de chair… Pour lire notre critique de Vers la lumière, cliquez ici.

A 11 heures, la séance de Un certain regard était comble pour voir la première du premier film de Léonor Serraille, Jeune femme, en présence de l’équipe. Portrait d’une trentenaire larguée et fraîchement revenue dans un Paris hostile, Jeune femme est génialement écrit, joué et réalisé. Laetitia Dosch y campe une femme à la fois toute simple et complexe, en quête de survie et de liberté. Le film a été salué par une longue standing ovation. Pour lire notre critique de Jeune femme, cliquez ici.

Du côté de la Quinzaine des réalisateurs, on s’attachait à deux jeunes italiens, dans une romance interdite. La dévotion pour Dieu et l’interdiction de sexe avant le mariage étaient au premier plan de Cœurs purs, un film qui sentait le réchauffé dans son scénario mais qui séduisait par la justesse de ses acteurs et sa simplicité de réalisation. Pour lire notre critique de Cœurs purs, cliquez ici.

En matinée, on s’est rendus, enfin, sur la Plage du Majestic, pour y réaliser un entretien avec le réalisateur désormais très reconnu Kiyoshi Kurosawa. Pour lire notre critique de son film Avant que nous disparaissions, cliquez ici. Et pour l’entretien :

L’heure du déjeuner était celle de la dernière émission CineNapalmE, dans le concept store de l’Â.M.E, qui nous a chaleureusement accueillis avec les plumes de Cinematraque pour parler des films du jour. Les pronostics ont été faits pour la Palme : faites vos jeux, rien ne va plus ! (Les émissions sont à voir et à revoir ici.)

A 14 heures, Un certain regard présentait le premier long métrage de Annarita Zambrano, Après la guerre. Qui met en avant avec une image mate, les effets des années de plomb sur la famille d’un jeune des Brigades rouges repenti et exilé en France. Un film de facture classique, entre Bologne et la France. Pour lire notre critique d’Après la guerre, cliquez ici.

Le dernier film de la Quinzaine, Frost, a laissé dubitatif. Par manque total d’accroche avec celui-ci ou un ratage complet dans le propos, la séance fut très cauchemardesque et devint rapidement une torture qui eut du mal à prendre fin. Quelques années après le mauvais Peace to us in our Dreams, Šharunas Bartas revient donc, avec un film perturbant, qu’on rejette en bloc.

A 18 heures, l’Â.M.E était devenu une oasis sous le soleil qui nous abreuvait de la musique funky du groupe Head on television. Certainement l’apéro le plus cool du festival, où tous battaient la cadence et puis ont parlé des films…

Et certains d’entre nous ont réussi à se rendre à la célébration du 70e anniversaire du Festival de Cannes, à l’intérieur du Grand Théâtre Lumière. Une sorte de cérémonie, pour laquelle le parterre avait été rempli, absolument rempli, de gens célèbres… Pour lire sans plus attendre notre récit de la célébration du 70e anniversaire du Festival de Cannes, cliquez ici.

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Au cours de cette soirée où les fêtes sur les plages étaient plus rares que pendant le week-end, les terrasses étaient pleines. Sur le toit le plus haut du Silencio, un bracelet rouge donnait accès à la fête du film Après la guerre, tandis que le reste du rooftop voguait au rythme d’une électro forte et planante.

Et du côté de la Villa Schweppes, des rythmiques détendues nous ont accueillis, vers les minuit. Et ce sont tout d’abord Breakbot et Irfane qui nous ont proposé leurs basses fortes, ainsi qu’un son parfait pour la fête, aux répétitions bienvenues. Un set hypnotique, en certains instants, dans une ambiance visuelle sobre. La vraie chose à regarder était le dancefloor, déjà totalement rempli à minuit trente… Signe que la musique des deux DJs tombait à pic, et passait bien, en ce milieu de Festival de Cannes. Les boucles musicales au rythme rapide ont entraîné ce public à l’intérieur du club, dégageant un peu la terrasse, où il faisait bon se boire un cocktail à base de Schweppes et d’épices, après une journée de projections… L’auditoire était paré lorsque la musique plus étrange de Polo & Pan a fait son entrée. Et les gens, nombreux, se sont bientôt rassemblés jusque sur la scène elle-même. La Villa Schweppes permettant de se tenir très près des artistes en plein concert… Les basses inspirantes, et les influences nombreuses, venues de partout, du duo de musique electro nous ont baladé des cuivres et des vents jusqu’aux beats les plus frappants. Un set assez surprenant, qui mit dans notre oreille pas mal de styles différents… Tout en sachant nous indiquer sur quel pied danser… Ah, et puis, on put croiser Vincent Macaigne aussi, lors de cette soirée du mardi, sur la terrasse pas totalement bondée. Enfin, on put davantage l’apercevoir que lui parler, parce qu’on savait que, le lendemain, le devoir allait nous appeler. Et que le fait de dormir debout, qui commençait à poindre, nécessitait de ne pas rentrer trop tard… En attendant la fin du Festival, où, là, il serait possible de se moquer du temps, enfin.

Visuels : YH

Après la Guerre, un film politique de Annarita Zambrano [Cannes, Un Certain Regard]
« Fortunata », comédie décevante [Cannes 2017, Un certain regard]
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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