Cinema
« Fortunata », comédie décevante [Cannes 2017, Un certain regard]

« Fortunata », comédie décevante [Cannes 2017, Un certain regard]

24 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

Difficile de se résoudre à penser que c’est le brillant acteur Sergio Castellito qui a dirigé cette comédie italienne sans grande personnalité. Qui pèche surtout en raison de ses personnages, bien interprétés mais très déjà-vus…

[rating=2]

Fortunata court vite, toute la journée. Elle appartient à la classe pas riche des grandes villes italiennes actuelles. Comme quasiment tous ceux qu’elle côtoie. Une bande de débrouillardos qui manque un peu de folie… La fille de Fortunata, elle, doit suivre une thérapie avec un psy très placide, plutôt touchant, joué par le sympathique Stefano Accorsi. Ces séances permettent quelques gags, un peu répétitifs… Quant aux premières scènes graves du film, elles évoquent beaucoup d’autres souvenirs de cinéma…

Si Fortunata se réclame, peut-être, des comédies italiennes insolentes, fortes en gueule et en saveur, elle tourne hélas à vide, sur ce registre-là. Les traits des personnages peints sont un peu trop forcés, un peu caricaturaux… Dès lors, comme le scénario manque de piquant et de fond, et que l’univers visuel ne marque pas – sans oublier le rythme, sans surprise – ce film n’a pas trop d’arguments pour nous séduire… Un moment de divertissement vain, hélas. Avec une seule consolation : le « Friday I’m in love » de The Cure qui résonne superbement à un moment, et vient donner de l’ampleur, enfin, à une scène.

*

Visuel : © Indigo Film / HT Film

Cannes, jour 7 : Kawase voyante, la révélation Laetitia Dosch, interview de Kiyoshi Kurosawa
« Vers la lumière », sans grande originalité [Cannes 2017, Compétition]
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *