Cinema

« Avant que nous disparaissions », un Kiyoshi Kurosawa délirant et inquiétant [Cannes 2017, Un certain regard]

« Avant que nous disparaissions », un Kiyoshi Kurosawa délirant et inquiétant [Cannes 2017, Un certain regard]

22 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

Avec du sang, de l’imagination et d’excellents acteurs dans sa manche, Kiyoshi Kurosawa invente un voyage assez léger, croisement réussi entre plusieurs genres.

[rating=4]

Dans une banlieue japonaise, un peu semblable à celle d’Harmonium, film du Cannes de l’an dernier, mais triste lui, une jeune femme voit son compagnon tout à coup la vouvoyer, arrêter de travailler, passer sa journée à des étrangetés, ne plus tourner rond… Au même instant, un journaliste plutôt cool visite les lieux d’un crime, et se trouve face à un jeune homme bizarre, au même comportement. Ces êtres commandent aux personnes qu’ils rencontrent de leur servir de « guides », et ont un ton extrêmement formel…

La volonté de Kurosawa de mélanger tous les genres dans ce film à la forme très ludique emporte vite le morceau. Lors de l’exposition, on redoute tout d’abord une avalanche de scènes au sens abscons, et de signes. C’est que notre réalisateur aime bien passer d’une dimension à l’autre, et ne pas toujours tout expliquer. Et parfois, on avait pu trouver que son style tournait à vide. Fort heureusement, ce nouveau film amortit ces effets par son absence de sérieux. Ou plutôt par son équilibre entre délire et normalité qui résiste, et fait naître une inquiétude bienvenue. Le contexte de l’action reste réaliste, après tout…

Avant que nous disparaissions propose aussi à ses spectateurs un autre grand atout : ses acteurs, aussi doués pour la comédie que pour le jeu purement physique. Tous sur le pied de guerre, ils incarnent leurs personnages avec envie et justesse, et y croient à fond. On évite donc la caricature, et on goûte le voyage plaisant que Kurosawa nous propose cette fois-ci, au cours duquel émergent des petites notifications réalistes, un peu politiques, ou métaphysiques, bien trouvées. Question d’équilibre…

Visuel : © 2017 BEFORE WE VANISH FILM PARTNERS

Démission de Michel Field et probable motion de défiance contre Delphine Ernotte : ça chauffe à France Télévision
« Carré 35 », documentaire intimiste sobre et subtil [Cannes 2017, Hors Compétition]
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *