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[Cannes, Un certain regard] « Harmonium », grand film cannois ultra désespéré de 2016 ?

[Cannes, Un certain regard] « Harmonium », grand film cannois ultra désespéré de 2016 ?

15 mai 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

Celui qui signa Au revoir l’été nous propose, dans sa nouvelle réalisation, un scénario brassant une belle flopée de malheurs. Un effet d’accumulation se fait sentir, forcément…

[rating=3]

L’édition 2016 du Festival de Cannes voit un grand nombre d’oeuvres évoquer des êtres piégés dans des cercles maléfiques sans fin. Lorsque s’achève Harmonium, cette idée résonne, dans nos têtes. Au départ, l’histoire nous présente une famille normale, composée de trois membres. Voici qu’un « très vieil ami » du père vient un jour demander à être employé dans son garage, et à disposer d’une chambre dans la maison. Notre père accepte tout de go. Son épouse s’interroge, d’autant plus que l’homme avoue avoir fait de la prison pour un meurtre. Après un temps d’adaptation, elle finit par apprécier ce mystérieux M. Yasaka, qui va hélas être à l’origine d’un drame terrible, pour cette famille. Une tragédie dont les conséquences vont être décrites dans la seconde heure du film, située huit ans plus tard.

Gris, épuré et peu frénétique, Harmonium prend place dans un climat réaliste, qui serait sinistre sans le talent du réalisateur Kôji Fukada pour composer des scènes vivantes, et diriger ses acteurs : notre préférence allant à Tadanobu Asano, sympathique et très raide M. Yasaka, qui semble dangereux même lorsqu’il ne fait rien. Les contrastes qui courent dans l’histoire maintiennent l’attention. Mais on ne peut s’empêcher de trouver le scénario un peu chargé en malheurs. Son défaut reste donc surtout, au final, qu’il ne débouche pas sur grand-chose, mis à part une acceptation des drames, qui n’en sera d’ailleurs pas vraiment une…

Kôji Fukada a du talent, mais son film rappelle parfois Chronic, de Michel Franco, en Compétition l’an dernier au Festival. Son scénario nécessite de la motivation pour être supporté, et son arriere-fond n’est pas clair. La barre est en tout cas fixée, désormais, en termes d’histoires désespérées, pour ce qui est de Cannes 2016.

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Visuels : © DR

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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