Cinema

[Compétition] « Chronic », lassante histoire sans espoir

[Compétition] « Chronic », lassante histoire sans espoir

24 mai 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Michel Franco, réalisateur des durs Daniel y Ana et Despuès de Lucia, signe aux Etats-Unis un film au fond tout aussi noir, plombé par une forme qui l’accompagne de façon bien trop littérale. 

[rating=2]

CronicAutour de David, il n’y a que la mort. Il vit avec elle : infirmier pour personnes âgées, divorcé depuis quelques années, assez éloigné de sa fille… David fait pourtant bonne figure. Sous les traits de Tim Roth, un acteur qu’on aime beaucoup, il s’accroche à son destin d’homme ordinaire. Se relève dès qu’il tombe – c’est l’une des qualités du scénario. Et n’hésite pas à rigoler avec un client qui ne pense, sur ses vieux jours, qu’à regarder du porno.

Grâce à Tim Roth, et à sa subtilité, on peut le trouver attachant, David. Le film, lui, est plus difficile à aimer. Si la sécheresse de la mise en scène n’est pas rebutante ; si le film donne à voir de la vie ; si l’asphyxie est évitée, il n’en reste pas moins rebutant, du fait de ce qu’il propose. La mort, rien que la mort. Pas de ruptures de rythme dans cette chute inéluctable, pas de chocs ou de moments de joie. L’issue fatale appararaît donc trop vite. Et l’ennui gagne.

En fin de compte, on n’a pas grand-chose à dire, sur Chronic. Sa scène de climax a été maintes fois vue ailleurs. On perçoit le projet et sa ligne directrice, en trouvant dommage que Michel Franco n’ait pas fait plus attention à son rythme…

Cronic, un film de Michel Franco. Avec Tim Roth, Michael Cristofer, Bitsie Tulloch, Sarah Sutherland, David Dastmalchian, Claire van der Boom. Drame, Américain. Durée : 1h45.

Visuel : © Wild Bunch Distribution

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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