Cinema
« Les Filles d’Avril », brisées, de Michel Franco [Cannes 2017, Un certain regard]

« Les Filles d’Avril », brisées, de Michel Franco [Cannes 2017, Un certain regard]

21 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

L’impitoyable réalisateur de Chronic signe un nouveau fait d’arme dur, parfois dérangeant, parfois figé…

[rating=3]

Mexique, soleil et maisons au bord de la mer… Chez Michel Franco, infatigable traqueur de la saleté humaine, ce beau cadre ne saurait faire rêver. L’artiste nous invite en effet dans une bâtisse où vivent des soeurs – une trop enrobée, une plus jeune plus très dynamique qui tombe enceinte… – et s’attache à leurs problèmes, crûment. Rien ne marche dans ce monde, et le drame s’annonce… La famille sera, bien entendu, toxique.

Au sein de l’univers de Michel Franco, tous les pères, irresponsables et peu sympathiques, sont gros. Cette récurrence, par exemple, peut faire rire. Mais la mise en scène du réalisateur mexicain a tendance, souvent, à regarder de haut ceux auxquels elle s’intéresse, à les figer dans des attitudes pas sympathiques…, au fil de plans très beaux, mais un peu vains, un peu avares en humanité, des plans d’angles qui évoquent parfois Pedro Costa, mais dans la forme uniquement…

Côté dramaturgie, le scénario avance au fil des scènes où… des problèmes sont évoqués. Et si les personnages, posés sur leurs fauteuils, dans les pièces trop petites de leur maison de famille, débattent de solutions, on sent que celles-ci seront illusoires…

Peu d’évolutions s’annoncent donc dès le départ. Avec son rythme lent un peu maléfique, et ses acteurs totalement crédibles, dans leur mesquinerie pour certains, Les Filles d’Avril arrive parfois à nous bercer. En d’autres moments, il irrite.

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Visuel : © Lucia Films

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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