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Cannes, jour 5 : Baumbach et Dumont déçoivent, Mobil homes sauvage, une aventure de Lanzmann et une rencontre avec Florent Marchet

Cannes, jour 5 : Baumbach et Dumont déçoivent, Mobil homes sauvage, une aventure de Lanzmann et une rencontre avec Florent Marchet

21 mai 2017 | PAR La Rédaction

Cinquième jour sur la croisette. Les déceptions se ramassent à la pelle et les soirées chics aussi. Récit.

Le premier film de la journée a encore suscité une nuée de « bouhs » au passage du logo Netflix, producteur et diffuseur de The Meyerowitz Stories. Après Frances Ha et While we’re young, Noah Baumbach prend la relève de Woody Allen dans le film névrosé new-yorkais et la transformation de grands acteurs hollywoodiens en gentils looser intellos. Même le jeu magique de Ben Stiller, le charisme de Adam Sandler et la bonhomie de Dustin Hoffman ne suffisent pas à sauver le film de ses langueurs et de sa médiocrité visuelle. On se plonge à contre-cœur dans les affres de la famille dysfonctionnel que représentent les Meyerowitz. Lire notre article.

La première séance du matin du côte de la Semaine de la Critique nous envoyait dans l’Iran répressible et intolérant. À travers Téhéran Tabou, le réalisateur envoie un message fort sur la répression iranienne et n’hésite pas à y aller franco dans ses propos pour faire réagir et choquer.

A 11h30, à la Quinzaine des réalisateurs, l’ambiance était très Sundance, avec la sublime Imogen Poots en mère junkie dans Mobil Homes, de Vadimir de Fontenay. Amours désespérés, petit garçon livré à lui-même et combats violents de coqs forment le décor de ce film sauvage à la photographie léchée.

A 12h45, la presse pouvait voir en avant-première Napalm, le nouveau documentaire de Claude Lanzmann. Issu de trois voyages (en 50 ans!) en Corée du Nord, Napalm commence comme un court sur le rôle du pays dans la Guerre froide et se poursuit – sur de belles et rares images d’aujourd’hui – par un documentaire de Lanzmann lui-même, à travers une passion amoureuse qu’il a eue avec une infirmière nord-coréenne à l’âge de 33 ans, lorsqu’il accompagnait une délégation dans ce pays fermé depuis les années 1950. Émois sensuels et sympathies communistes coexistent et touchent avec et par le verbe imagé du réalisateur. Les images, elles, déçoivent après la claque de créativité que constituait Le Dernier des Injustes (2014).

À 15h, la Quinzaine projetait le nouveau film de Amos Gitai : A l’ouest du Jourdain, un superbe documentaire sur les relations israélo-palestiniennes depuis 1994. Une caméra embarquée captive le spectateur et dresse un bilan historique nuancé.

Pendant ce temps, Geoffrey Nabavian interviewait Florent Marchet et Arnaud Catherine, filmé par les équipes de l’EICAR

A 16h, tandis que l’équipe du film How to talk with girls at parties, de John Cameron Mitchell montait les marches pour présenter ce film qui se veut décalé et met en scène des jeunes punks aux prises avec des extra-terrestres en latex, les yeux étaient rivés sur les tenues colorées et glitter de Nicole Kidman et Elle Fanning. (photo!)

 

Puis vient le premier gros raté de Cannes 2017. Après Ma Loute l’année passée, Bruno Dumont était présent à la Quinzaine des Réalisateurs pour Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc. Un film en roue libre totale, mais sans intérêt complet. Pendant plus de 45 minutes, la jeune jeannette récite des textes bibliques sur une plage, sur fond de touche rock »n »roll. Un bon nombre de spectateurs avaient déjà trouvé la porte de sortie lorsque nous nous y sommes également résolu, la souffrance devenant trop forte.

La soirée a commencé par un concert gratuit de M- Matthieu Chedid, présent à Cannes, notamment pour la musique du film Visages Villages de Varda et JR qu’il a signée. Après un concert très privé à l’A.M.E, deux jours avant, c’est depuis le cinéma de la plage que le chanteur a régalé de son charisme et de ses chansons une bonne partie de la croisette. Il a commencé par des classiques avant d’inviter les musiciens avec qui il vient de faire le merveilleux Disque Lamomali sur la grande Scène, face à la mer. C’était un bal de Bamako, plein d’âme et un Cannes à la fois Glamour, métissé et populaire que nous avons fêté avec M.

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La soirée s’est poursuivie par la fête de la Semaine de la critique, qui nourrissait copieusement ses convives de burgers et enjoignait le monde du cinéma à danser sur la spacieuse Plage Nespresso.

Un petit passage par la plage 3.14 nous a permis de changer d’ambiance et de plonger dans un univers glamour et doré de fêtards cravatés, de chignons incroyables et de glitter à la hauteur des lunettes pailletées argent des toilettes. Côte musique, le voyage était entre un Orient de dancefloor et du Michel Berger. image

Nous avons enfin vu l’A.M.E vivre la nuit avec la soirée de l’excellent film de la Quinzaine, Mobile homes (voir notre article). Le lieu est vraiment un havre de paix, le jardin faisant vraiment office d’oasis. En concert, les Slap nous ont transmis une énergie pop épicée. Et c’est avec un bon gin tonic que nous avons profité de la douceur de la Nuit Cannoise.

Le Silencio ayant été privatisé jusqu’à trois heures, nous avons été raisonnables et sommes rentrés sans attendre jusque là afin de voir le nouveau film de Yórgos Lánthimos à 8h30 du matin.

Photo m (c) Cédric Canezza

« The Meyerowitz Stories », Noah Baumbach ne se renouvelle pas [Cannes, compétition]
« Mobile Homes » [Cannes 2017, Quinzaine]
La Rédaction

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