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Cannes, jour 4 : le choc 120 bpm, rencontre avec Claes Bang, le retour de Ferrara, et Louis Garrel en Godard

Cannes, jour 4 : le choc 120 bpm, rencontre avec Claes Bang, le retour de Ferrara, et Louis Garrel en Godard

21 mai 2017 | PAR La Rédaction

Toujours grand soleil sur la Croisette pour cette quatrième journée de compétition qui était aussi un samedi où les rues de Cannes se repolissaient jusqu’à l’extrême.


La journée a commencé avec un film coup de poing en Salle Lumière : 120 bpm de Robin Campillo. Grand favori de la compétition, cette fresque maîtrisée et bouleversante de 2h20 revenait sur les premières années de l’association Act Up. Un film puissant qui a laissé le public terrassé. Pour lire notre critique de 120 battements par minute, cliquez ici.

A 11 heures, certains allaient voir le nouvel opus de Barbet Schroeder (A l’honneur au Centre Pompidou, lire notre article), Le Vénérable W., documentaire sur un moine bouddhiste et nationaliste. Du côté de la Quinzaine, nous avions rendez-vous sur l’écran avec Cécile de France, François Damiens et … ses deux pères! Histoire de filiation et quête d’identité sont au cœur du magnifique film de Carine Tardieu, Ôtez-moi d’un doute. Une comédie ciselée et tendre, où la Bretagne, Reggiani et le déminage cohabitent avec harmonie. Pour lire notre critique d’Ôtez-moi d’un  doute, cliquez ici.

Séduits par la satire sociale de Ruben Östlund, The square, nous sommes allés interviewer l’acteur principal du film, Claes Bang à la terrasse Mouton Cadet, un acteur danois, donc, qui a reçu un Ours pour Soap et qu’on a vu dans plusieurs séries dont Borgen. Il nous a parlé de son personnage dans le film et de la manière dont il a séquencé son travail d’interprétation…

Dans la salle du Soixantième, nous avons pu rattraper l’échappée belle et très camarade d’Agnés Varda et JR avec Visages Villages, un road movie où la réalisatrice et le grapheur vont à la rencontre de plusieurs français en zone rurale et en profitent pour se dévoiler eux-mêmes. Un film  qui dégage une belle chaleur, antidote à « l’effet VGE ».

Dans la section Un certain regard, on a pu découvrir le nouvel opus du très dur Michel Franco, pas réellement réconcilié avec le genre humain… Pour lire notre critique des Filles d’Avril, cliquez ici.

Puis, au sein de la toute nouvelle, et très bien placée, Terrasse des journalistes, on a rencontré le réalisateur Mohammad Rasoulof, signataire d’Un homme intègre, film fort (lire notre critique), pour un entretien qui fut solaire et animé, beau contraste pour son film, beau et pas très hospitalier… Vidéo à paraître bientôt ici.

Le soir, la presse pouvait voir, 24h avant le tapis rouge, le nouveau film de Michel Hazanavicius Le Redoutable. Mais un incident et/ou incendie dans le palais a forcé à faire évacuer les lieux, à vider les files d’attente de la Salle Debussy et à repousser la projection de 45 minutes. Tout ceci s’est fait dans le calme et le bon ordre, si bien que l’on a pu voir Louis Garrel briser vingt fois ses lunettes en JLG et Stacy Martin divinement nue en Anne Wiazemsky. L’esthétique rétro très travaillé du film et la focalisation intelligente sur le couple fraîchement marié victime de l’obsession politique de Godard en 1968 (le scénario est tiré du livre de Wiazemsky) ne sauvent hélas pas le film de ses faiblesses de mise en scène et de ses longueurs. Malgré des moments joyeux, le comique de répétition lasse et on s’ennuie… Pour lire notre critique du Redoutable, cliquez ici.

La soirée était marquée par la fête de L’Acid, un concert d’Abel Ferrara au Vertigo et la somptueuse fête organisée par Orange à la plage du Majestic. Au programme : un mix live du groupe Justice, pléthore de victuailles, et des paniers de fraises à manger sur le ponton magnifique de la plage, en apesanteur. Avec des raies de lumière projetées vers le ciel, afin de saluer Valerian, le prochain Luc Besson, qu’Orange célébrait ce soir…

Puis la Villa Schweppes a accueilli nos pas un peu tard, pour les concerts de FFF, et Yuksek. Groupe culte des années 90, FFF avait déjà su impégner la Villa d’une ambiance furieuse, quand nous y sommes rentrés. Devant un écran aux teintes jaune sauvage, et des projecteurs fous, le chanteur Marco Prince et ses acolytes de la Fédération Française de Fonck s’activaient, à renfort de riffs rageurs entre hard rock et funk, et de voix gutturales. Avec, en prime, un jeu de scène : des masques, quelques accessoires, et de la colère… Des visions inattendues nous ont frappés, et l’énergie rock de cette bande maintenant ancienne a su entrer en nous. Soutenue par l’un des guitaristes, qu’on s’est échiné à retrouver : Yarol Poupaud, frère du célèbre acteur Melvil Poupaud… Et puis, et puis, Yuksek a pris la suite de ce mouvement. Yuksek, venu chargé d’une étrangeté stimulante. L’ouverture de son set a fait se côtoyer rythme discret, images vidéo troublantes et brillantes projetées en fond, et sonorités bizarres. Avant que de belles basses ne prennent la relève, et cueillent peu à peu les fêtards, toujours très en forme. L’ambiance battait son plein sur la terrasse et dans les couloirs de la Villa hier, habillée d’electro et de funk, avec quelques sautes de rythme dur. L’auditoire, au top, n’avait pas l’air déjà épuisé par le Festival… On tâche, nous, de tenir, et de revenir vous tenir en haleine. Quand on aime…

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Photos : YH

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La Rédaction

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