Cinema
Cannes : courez, il revient pour vous !

Cannes : courez, il revient pour vous !

30 avril 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

On vous avait prévenus : cette année, le cru cannois va vous faire courir ! Prenez d’ores et déjà vos jambes à votre cou: à la Quinzaine des réalisateurs, un grand monstre du cinéma revient, pour son quarantième anniversaire. En version restaurée. Armé de son éternelle machine servant à la coupe des arbres… Tendez l’oreille, surveillez vos arrières, et…

Massacre tronconneuseOui ! Vous ne rêvez pas ! Il est là ! Il est revenu ! On vous refait l’histoire ? Quatre jeunes voyageant au Texas à bord d’une camionnette, dans un coin rempli d’abattoirs ayant fait faillite. C’était au milieu des années 70… Mais vous n’avez pu le voir en France qu’en 82… Vous connaissez la suite: Face de cuir ! Ou Leatherface, pour les puristes.

L’un des classiques du film d’horreur voyait le jour: Massacre à la tronçonneuse. Inspiré de l’histoire d’un authentique tueur en série américain, Edward Gein – qui fut également l’origine des personnages principaux de Psychose et du Silence des agneaux – on peut dire qu’il a fait date. Il aura trois suites médiocres, puis sera refait trois fois. Cette année, il est à Cannes, en séance spéciale, accompagné pour l’occasion de son réalisateur.

Celui-ci, Tobe Hooper, n’est-il l’homme que d’un seul film ?… On lui doit également le célèbre Poltergeist (1982) dont la réussite n’est attribuée par certains qu’à son producteur, Steven Spielberg. Pour le reste, Massacres dans le train fantôme (1981), Lifeforce (1985), The Mangler (1995) ou le récent Mortuary (2005) sont de triste réputation. Ses quelques films de crocodile ont un parfum désuet qui plaît à certains. Un grand bonhomme du cinéma ? Non. Une personnalité marrante à rencontrer lors d’une séance spéciale ? Hum…

Et Massacre à la tronçonneuse aujourd’hui ? Peut-il faire encore trembler ? Rappelons déjà qu’il ne s’agit pas d’un film gore. Il fait rire à côté des horreurs terriblement réalistes que visionne la jeunesse d’aujourd’hui. S’il procure plus de plaisir – ou d’éclats de rire – que de frissons, il conserve encore un caractère sale, dérangé, digne d’intérêt. Message, donc, adressé à ceux qui le restaurent : ne le rendez pas trop propre ! Le grain de l’image, le son qui tremble un peu, la photographie charbonneuse: rien de tel pour se plonger dans la folie d’un bon vieux Texas sinistré. Pointez vos tronçonneuses, attention, on y va !

Visuel: affiche de Massacre à la tronçonneuse, lors de la sortie en France de 1982

Visuel une: Massacre à la tronçonneuse, 1974 © TCM

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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