Cinema

Cannes ? Berlin ? les jalousies berlinoises …?

19 mai 2010 | PAR Coline Crance

Le festival de Cannes est déjà bien entamé. Sa sélection riche et variée a été découverte et il se confirme bien comme étant le 1er festival cinématograhique mondial . Mais à quel prix ? Qu’en est-il des autres festivals et notamment de la Berlinale. Frederic Jaeger, critique berlinois , s’interroge…

Cannes et la jalousie des Berlinois

par Frédéric Jaeger

Comparer, c’est dans la nature des choses dans tout festival. Les films s’enchainent et la comparaison relève du devoir des jurés, de l’exercice des critiques amenés, de l’habitude des spectateurs.

Les films sont non seulement en concurrence pour un bon nombre de prix, mais aussi et surtout pour le précieux temps qui va leur être accordé. Les créneaux des projections sont restreints et même pour un festival tel celui de Cannes, où beaucoup moins de productions sont montrées qu’à la plupart des autres, il n’y a toujours qu’un film pour un horaire, et ce au milieu de plannings chargés. La jubilation s’en suit quand on croit avoir fait le bon choix ou bien quand la sélection du festival l’a fait pour vous. Il faut le dire, parce qu’on ne le dit pas assez souvent : il y a de quoi faire la fête à Cannes!?

L’autre comparaison quasi obsessionnelle chez les passionnés et les professionnels du cinéma: celle entre les différents festivals. Et il suffit de voir quatre films de la deuxième sélection officielle Un Certain Regard 2010 pour rendre jaloux les Berlinois : il est bien rare de voir à la suite autant de talents cinématographiques en compétition de la Berlinale, tout de même le deuxième festival au monde après Cannes. De Oliveira, Puiu, Hochhäusler, Dolan. Quatre grands noms du cinéma contemporain, quatre films forts en images, en atmosphère, en sentiments. Quatre oeuvres véritables, quatre prises de positions affranchies, classiques, modernes, postmodernes, ludiques. Des créations incongrues, par moment lourdes ou difficiles, énervantes et fatigantes, mais toujours enrichissantes et surtout qui ne déçoivent pas. C’est peut être le plus grand risque que courent les festivals prestigieux : ne pas être à la hauteur des attentes.?

Quelles attentes avoir? À Berlin, on est content de trouver, dans le potpourri des plus de 200 films présentés chaque jour, un élément frais. À Cannes, en dehors de la Sélection Officielle, on semble surtout être à la recherche de nouveaux talents, dont la découverte semble être la vraie raison d’être de ces sections. Mais celle-ci est beaucoup moins facilement quantifiable. Surtout quand les festivals sont non seulement le premier mais aussi le dernier maillon d’une chaine de plus en plus précaire de la visibilité du cinéma d’art et essai. Et quand les festivals deviennent de surcroît producteurs ou subventionneurs des mêmes films qu’ils projettent (notamment la Berlinale avec son « World Cinema Fund » et le « Talent Campus » ou Rotterdam avec le « Hubert Bals Fund », Cannes avec entre autres la « Cinéfondation »), la relation incestueuse entre les festivals, les producteurs et leurs films en arrive à un point où il devient impossible de parler de découvertes sans y mettre des guillemets. Il reste alors aux festivals, à côté de la présentation incessante des vétérans de l’art cinématographique, le rôle tout aussi important de propulseurs de talents. En fin de compte, les découvertes ne peuvent être que celles de spectateurs individuels qui se laissent emporter, toujours à la recherche, au fond, de nouveaux horizons.

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Coline Crance

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