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Cannes 2018 : Wim Wenders entre ennui et pertinence avec « Le Pape François – Un homme de parole »

Cannes 2018 : Wim Wenders entre ennui et pertinence avec « Le Pape François – Un homme de parole »

15 mai 2018 | PAR Geoffrey Nabavian

Pour son nouveau documentaire, le maître allemand filme le Pape actuel en lui donnant des temps de parole longs, dans le but d’évoquer en creux l’héritage des Franciscains aujourd’hui, et l’actualité de leur message. Entreprise intéressante, conduite avec un ton un peu trop appliqué cependant.

[rating=3]

Dans Le Pape François – Un homme de parole, Wim Wenders ne suit pas le souverain pontife actuel au quotidien : il mêle montage d’images de ses actions, et temps de parole où le Pape François Ier s’exprime, tout simplement, face à la caméra. Avec un ton débonnaire, mais néanmoins soucieux de développer des idées concrètes. Par-delà cette figure, c’est l’héritage des Franciscains qui intéresse le réalisateur : le Pape actuel ayant en effet adopté son nom en référence à Saint François d’Assise. A tel point que Wenders convoque la figure de l’homme saint, à travers des séquences tournées en noir et blanc, à la manière d’un très vieux film.

Si le matériau et les partis-pris de départ sont riches, la forme finale de ce documentaire l’est moins : le traitement ne peut s’empêcher de célébrer l’action de ce Pape, de la présenter comme vraiment exceptionnelle, et à cela s’ajoute en prime une voix-off qui conte, avec un ton un peu magique, le récit des Franciscains. Le propos s’en trouve un peu réduit, la réflexion est un peu moins ouverte qu’espéré.

On demeure très intéressé lorsque le volet sud-américain de l’action du Pape François – originaire d’Argentine – est évoqué. Et on vibre lors de certaines interventions publiques du pontife. Mais on eut aimé que Wenders mette son émerveillement un peu en retrait… Piège régulier, chez lui, hélas.

Documentaire présenté Hors Compétition à Cannes 2018, Le Pape François – Un homme de parole sortira dans les salles françaises le 12 septembre.

Geoffrey Nabavian

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Visuels : © PFAMOHW-Wenders

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : geoffrey.nabavian@free.fr / https://twitter.com/geoffreynabavia

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