Cinema

Cannes 2018 : « Les Moissonneurs », drame sud-africain contemplatif en section Un Certain Regard

Cannes 2018 : « Les Moissonneurs », drame sud-africain contemplatif en section Un Certain Regard

15 mai 2018 | PAR Geoffrey Nabavian

De l’émotion traverse ce portrait d’une famille religieuse à l’extrême, en Afrique du Sud, confrontée à un orphelin des rues qu’elle recueille.

[rating=3]

La famille de fermiers sud-africains peinte dans Les Moissonneurs est repliée sur ses croyances religieuses : tous doivent marcher dans des pas feutrés ultra-pratiquants. Un jour, cette fratrie aux tâches répétitives et à l’environnement aride recueille un gamin des rues perturbé, par charité. Un garçon originaire du milieu Afrikaan. Entre lui et Janno, le fils aîné destiné à devenir chef de famille, des rapports ténus, puis troubles, vont se nouer.

Aride en extérieurs, très mesurée dans les intérieurs, la mise en scène des Moissonneurs, film signé Etienne Kallos et présenté à Cannes 2018 dans la section Un Certain Regard, fascine assez rapidement. Sans livrer tous les mystères de son histoire tout de suite, elle permet de s’accrocher aux personnages qu’elle suit. Au premier rang desquels le binôme constitué par Janno et Pieter, le jeune homme recueilli, objet d’étranges cauchemars (deux protagonistes incarnés respectivement par Brent Vermeulen et Alex van Dyk).

Tous évoluent dans des ambiances pesantes, ou le danger guette. Et où les rites et obsessions de cette communauté règnent, par-delà tout le reste. Parfois, le rythme chute un peu. Et certaines situations et ressorts de scénario apparaissent déjà-vus. Mais d’autres scènes sont conduites de manière très originale, à renfort d’idées de mise en scène. Pour le cadre social qu’il donne à découvrir, et pour son histoire pleine de démons, ce film sobre et juste vaut bien une vision.

Film présenté à Cannes 2018 dans la section Un Certain Regard, Les Moissonneurs sortira dans les salles françaises le 13 février 2019.

Geoffrey Nabavian

Retrouvez tous les films du Festival dans notre dossier Cannes 2018

Visuels : © Pyramide Distribution

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : geoffrey.nabavian@free.fr / https://twitter.com/geoffreynabavia

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