Cinema

 « La Belle et la Meute », proposition réussie [Cannes 2017, Un certain regard]

 « La Belle et la Meute », proposition réussie [Cannes 2017, Un certain regard]

20 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

La très douée Kaouther Ben Hania plonge une jeune fille violée dans l’enfer d’un monde qui ne la comprend pas. Ses travellings sont ensorcelants, sa rage d’essayer, communicative…

[rating=4]

Dès le premier plan, une jeune fille se maquille face caméra. Cette dernière, à l’écoute du corps qu’elle filme, nous donne à voir la beauté de ce visage, tous ses détails… L’oeil de la brillante réalisatrice Kaouther Ben Hania (Le Challat de Tunis, Zaineb n’aime pas la neige), découverte en partie grâce au Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient 2014, fait d’emblée merveille. Un début de soirée suit bientôt, au cours duquel des travellings, arme essentielle de notre artiste, se déploient…

On va retrouver l’héroïne, à la suite d’une ellipse, violée, et errant dans la ville avec Youssef, celui avec lequel elle avait quitté sa fête. En des échanges remarquablement joués et maîtrisés, elle va se heurter, avec peu de mots à la bouche, à une nuit tunisienne qui ne la comprendra pas… Les dialogues de ces scènes, toutes en caméra tournoyante, écrits de manière juste et originale, captiveront souvent, malgré quelques longueurs. Le son, capté d’une façon particulière, rendra ces passages dialogués justes, tenus, au bord de la rupture. Et en même temps, dits à très bas volume sonore… Avec ses touches musicales sensibles, sa justesse de point de vue, sa distance, et sa jeune actrice, Mariam Al Ferjani, La Belle et la Meute parvient à s’élever au rang de film marquant, et à composer une union d’envies et de talents, désireux d’aller jusqu’au bout d’une tristesse, à évoquer…

*

Visuel : © Jour2fête

 « Un homme intègre » : puissant désespoir, assez beau [Cannes 2017, Un certain regard]
[ACID] « Scaffolding », la révélation Matan Yair
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *