Cinema

BERLINALE : Volevo nascondermi : derrière le fou, l’artiste.

BERLINALE : Volevo nascondermi : derrière le fou, l’artiste.

22 février 2020 | PAR William Meignan

Le réalisateur italien Giorgio Diritti propose un biopic fidèle et touchant de son compatriote et peintre Antonio Ligabue dont les troubles psychiatriques traduisent un parcours chaotique dans les institutions familiales, scolaires et psychiatriques. Comme le montre avec justesse le film, l’artiste parvient, par son art, à être reconnu dans sa singularité.

Né à Zurich de parents italiens, le jeune Ligabue est confié dès son plus jeune âge à un couple suisse allemand sans enfant. Très vite, ses troubles psychiques le rendent indésirable aux yeux de son père adoptif mais également de ses camarades et professeurs. A l’adolescence, il est renvoyé en Italie afin d’être pris en charge par les services sociaux. Sa vie, entre maltraitances, internements et fugues est racontée dans la première partie du film de manière décousue et pourtant grandiose. Les nombreux sauts chronologiques et le parti pris esthétique racontent sensiblement la jeunesse de l’artiste dans sa propre subjectivité et décrivent avec pertinence la construction sociale de sa folie, au-delà son handicap inné.

Le reste du film a des allures plus classiques de biopic. C’est finalement quand Ligabue trouve une nouvelle famille adoptive dans l’Emilia rurale qu’il commence à s’exprimer par la peinture. Sa folie est progressivement acceptée par la communauté villageoise et bientôt attire l’attention des milieux d’art de Rome qui feront sa renommée mondiale. La performance de l’acteur est réussie en ce qu’elle permet de voir cette évolution personnelle et sociale sans pour autant masquer la folie du personnage.

 

Photo : © Chico De Luigi

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