Cinema

[BERLINALE] Have A Nice Day : triomphe du film animé

[BERLINALE] Have A Nice Day : triomphe du film animé

18 février 2017 | PAR William Meignan

Dans le cadre de la compétition officielle de la Berlinale, Liu Jian présente son deuxième film Have A Nice Day après Piercing 1 (2010). Ce thriller, achevé après trois ans de travail, est le seul film animé en compétition cette année à la Berlinale.

Peintre de formation et ancien étudiant de l’université d’art de Nanjing, le réalisateur Liu Jain n’a commencé à réaliser des films d’animation que récemment. Et c’est pour notre plus grand plaisir : les origines du réalisateur ne passent en effet pas inaperçues. En plus d’un graphisme lumineux et d’une grande qualité, la bande son reposant sur une musique hybride entre musique traditionnelle chinoise et jazz (musique très prisée à Shanghai dans les années 30) contribue à créer une atmosphère fascinante.

Tout commence lorsque Xiaozhang dérobe un sac rempli d’un million de yuans dans une petite ville du sud de la Chine. Il est rapidement poursuivi par plusieurs individus que veulent s’emparer du sac. Cette succession de personnage est aussi imprévisible qu’improbable : un vieux tueur à gage fan de Rocky, un gangster philosophe ou simplement des hommes et femmes voulant changer de vie.

Sans engagement politique fort, cette comédie noire offre néanmoins une plongée captivante dans la Chine d’aujourd’hui coincée entre capitalisme globalisé et tristesse socio-économique. C’est ainsi que le tueur à gage est fasciné par Rocky, des jeunes voulant ouvrir une start-up et adulant Steve Jobs ne trouvent rien de mieux que l’idée d’un restaurant. Quant au vieux gangster, la liberté suprême est celle de pouvoir acheter des produits importés sur internet tandis que pour Xiaozhang voler le sac doit servir à offrir une opération de chirurgie esthétique à sa femme en Corée.

Cette fresque de personnages, à la fois rêveuse et opportuniste, coincés entre deux mondes dépeinte par Liu Jian est un régal pour le spectateur tant pour son humour noir laconique et ses rebondissements digne d’un Tarantino que pour le superbe voyage dans les paysages urbains chinois qu’il nous offre.

Le Chantier des Francos, la pouponnière d’artistes francophones
[BERLINALE, JOURS 8 et 9] Fin de la compétition
William Meignan

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