Cinema

[BERLINALE, JOURS 8 et 9] Fin de la compétition

[BERLINALE, JOURS 8 et 9] Fin de la compétition

18 février 2017 | PAR William Meignan

 

Le festival touche à sa fin. L’envie de voir toujours plus de films, d’écrire toujours plus de critiques et d’éditos se fracasse sur le mur de la fatigue. Nous sommes à bout.

 

 

Après avoir exploré à travers les films en compétition les champs du politique et du poétique, de la folie et de la peur, notre périple cinématographique ne saurait être complet sans évoquer la thématique du désir. Mais de quel désir parlons-nous ?

 

Par sa diversité, la sélection officielle a offert aux festivaliers une multitude de réponses possibles à ces interrogations. Sur l’immense écran de la salle de projection du Berlinale Palast et tout au long de ces 9 jours de compétition, nous avons été témoin de toutes les formes que peuvent prendre le désir : le désir de survivre, le désir d’être aimé, le désir de fuir, le désir de dominer, le désir de jouir ou encore celui de se retrouver.

 

Moteur de toutes les intrigues, le désir n’est cependant jamais problématisé comme tel par les personnages tant que par les réalisateurs en conférences de presse. On nous aura plutôt parlé de fatalité, d’instinct, de déterminisme social et culturel, comme si les personnages n’agissaient qu’en adéquation avec leur environnement.
Les chasseurs de Potok sont mûs par le poids de la tradition plus qu’un véritable désir de tuer. Tous les personnages de Have a nice day aspirent à échapper à cette Chine périurbaine, profondément décevante, et qui n’offre aucune perspective à hauteur de leurs rêves. Enfin comment résumer mieux Return to Montauk qu’en parlant d’une si forte nostalgie qu’elle aveugle : le désir comme illusion et facteur de désillusion.

 

De nombreuses autres pistes de réflexion restent bien sûr à explorer. Il serait, en premier lieu, légitime de s’interroger sur les origines même du et des désirs : le désir comme réponse à une absence, un vide, le désir comme instinct ou comme accomplissement du libre-arbitre. Ainsi, Toma, dans Ana mon amour, illustre à merveille cette difficulté à identifier la véritable source et, partant, l’objet juste de son désir : par manque de lucidité, il cristallise ses désirs autour de Ana, alors que bien d’autres éléments dans sa vie appellent à chercher ailleurs le remède à ses propres névroses.

 

Quant à nous, nous sommes maintenant mûs par l’envie d’aller danser, Tschüss !

 

A ce soir pour les résultats !

 

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