Cinema

Arras Film Festival : « Day 3 », Utøya 22 juillet secoue, Pearl séduit

Arras Film Festival : « Day 3 », Utøya 22 juillet secoue, Pearl séduit

07 novembre 2018 | PAR Hugo Saadi

 

Pour cette avant dernière journée sur le Arras Film Festival, Toute la culture a continué d’être assidu aux projections et a commencé fort la journée avec la reconstitution terroriste de l’attaque norvégienne de 2011 avant de partir sur les traces d’un massacre nazi en 1945. Heureusement, nous avons terminé la journée sur une touche un peu plus heureuse avec le portrait d’une femme culturiste. Retour sur notre 3ème journée. 

En allant voir Utøya 22 juillet, on savait que notre matinée n’allait pas être très joyeuse. Le film de Erik Poppe ne laisse pas indemne, en totale immersion, il offre une véritable expérience de cinéma. Après une courte introduction, Utøya 22 juillet se transforme en un long plan séquence de de 1h30 où l’on ne quittera pas une seule seconde des yeux Kaja, une jeune fille de 19 ans. Le film retrace l’attentat perpétré en 2011 sur le camp de vacances norvégien et reconstitue l’attaque terroriste en temps réel. On ne verra le tueur que quelques secondes au loin car ce sont les visages apeurés, terrifiés et ensanglantés de ces enfants qui occuperont l’écran. Les coups de feu eux, ne s’arrêtent jamais. Pendant tout le film donc, le spectateur suit Kaja, à la recherche de sa petite soeur, une course contre la montre mais aussi la mort qui peut survenir à n’importe quelle seconde. Erik Poppe n’a pas vraiment de propos, hormis celui de nous montrer le chaos. A l’inverse de Un 22 juillet, le film Netflix de Paul Greengrass qui revenait lui sur l’attentat, les motivations du tueur, le procès et l’après pour les survivants et les familles. Ici, rien de tout cela, seulement 1h12 d’attaque, le choc, la violence. Un long métrage difficile à juger, mais si un tel film voyait le jour en France sur les attentats du 13 novembre, il est certain que nous ne souhaiterions pas le voir car trop douloureux.

Direction ensuite Jérusalem et plus précisément l’institut du mémorial pour la Shoah, où Yoel enquête sur le massacre de 200 juifs qui serait arrivé dans un camp autrichien en 1945. Voilà le pitch de départ des témoins de Lendsdorf de Amichai Greenberg. Cette enquête, le spectateur va la suivre aux premières loges et sentir la pression arrivée quand Yoel n’a plus que quelques jours pour trouver des preuves, des indices et des témoins afin de découvrir où la fosse commune se trouve et arrêter la construction lancée dans cette petite ville autrichienne avant que la zone soit recouverte de béton. Ce film aux allures historiques flirte donc rapidement avec le thriller et le film policier. Le personnage mis en scène par Greenberg est prêt à tout et il donne de sa personne pour cette enquête qui l’obsède et qui va devenir personnelle. Car lors de ses recherches, il va faire une découverte surprenante sur lui même, sur sa mère, qui va remettre en cause sa foi. Une double enquête sur l’identité, la religion et le devoir de mémoire qui va nous tenir en haleine jusqu’au final.

Pour retrouver un peu de douceur au cours de cette journée, on termine avec Pearl, le premier film d’Elsa Amiel. Elle nous fait pénétrer le monde du culturisme dans un quasi huis clos. Nous sommes pendant 1h20 dans l’hôtel où se déroule la compétition internationale de bodybuilding, au milieu de toutes ces femmes et ces hommes aux corps luisants et aux muscles saillants. Nos guides s’appellent Lea Pearl, une femme surentrainée pour devenir Miss Heaven et Al, son entraineur motivé pour revenir sur le devant de la scène grâce à sa pouliche. Mais à quelques heures de la finale, un événement va tout chambouler. L’ex mari de Léa débarque avec Joseph, le fils qu’elle n’avait pas vu depuis quatre ans. Si Pearl manque malgré tout de profondeur et de densité, Elsa Amiel réalise tout de même un beau portrait de femme et de mère tiraillée où sa caméra filme au plus près les corps et rentre dans l’intimité pour un premier film touchant.

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Hugo Saadi

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