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[Critique] « Sous surveillance », une chasse à l’homme à l’allure politique qui s’essouffle vite

[Critique] « Sous surveillance », une chasse à l’homme à l’allure politique qui s’essouffle vite

02 mai 2013 | PAR Hugo Saadi

[rating=3]

Robert Redford est un de ces acteurs de l’âge d’or américain (années 60 – 70) encore présent au cinéma. L’acteur repasse derrière la caméra (Milagro, L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux…) pour livrer Sous surveillance, un thriller politique. Avec un pitch de départ qui semblait passionnant, Redford rate le coche dans la seconde moitié du film accouchant de fait d’un métrage en demi – mesure.

Sous surveillance rappelle bien évidement le très réussi  Les hommes du président  d’Alan J.Pakula, où R.Redford incarnait un journaliste aux côtés de Dustin Hoffman. Avec ce film, Redford nous raconte l’histoire d’un ancien militant (interprété par lui-même) de l’organisation d’extrême gauche, le Weather Underground. Une organisation qui, en 1969 revendiqua une vague d’attentats aux États-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam. Celui-ci voit son passé resurgir après l’arrestation 30 ans plus tard par le FBI de Sharon Solarz (Susan Sarandon), une ancienne activiste accusée de meurtre.. Un jeune reporter ambitieux, Ben Shulberg (Shia LaBeouf) se saisit de l’enquête, et malgré les menaces émises par les autorités, il tente de rassembler toutes les pièces du puzzle. Il apprendra à ses dépens que toute vérité n’est pas bonne à révéler. Le film va alors suivre une double trame avec d’un côté la fuite de cet ancien militant et de l’autre la course à la vérité menée par le journaliste.

Le film se découpe en deux parties, la première qui se veut plutôt explicative où R.Redford cherche à nous poser le contexte et à nous donner tous les éléments de réponse. On assiste alors à une véritable investigation journalistique, aux fouilles dans des archives en passant par les écoutes téléphoniques menées par le FBI, le tout est palpitant. Cette première partie rythmée et passionnante nous offre un côté historique intéressant à découvrir, élément qui disparaitra par la suite. Effectivement, la seconde moitié du métrage est nettement moins axée recherche journalistique mais plutôt démonstrative. La trame historique établie en amont devient assez légère et l’on devine en conséquence là où le film veut nous emmener. Cette perte de suspense vient entacher la partie chasse à l’homme. Jim Grant, le fugitif joué par Robert Redford enchaine les rencontres avec ses anciens complices, ce qui découle alors sur des passages peu enivrants en milieu de film. Cet essoufflement est camouflé par les bonnes prestations de ses complices, interprétés par Nick Nolte, Richard Jenkins ou Julie Christine pour ne citer qu’eux. On suit malgré tout avec un certain intérêt la résolution de l’intrigue et l’histoire parallèle du duo Redford – LaBeouf arrive à nous captiver par intermittence.

Le film aurait donc gagné en intensité avec un bon quart d’heure en moins. Il n’en demeure pas moins un thriller bien construit sur le fond mais qui pêche tout de même dans son traitement particulièrement en seconde partie avec une mise en scène assez plate.

 

Sous surveillance, un film de et avec Robert Redford, Shia LaBeouf, Sam Elliott, Brendan Gleeson, États-Unis, 2h01, sortie le 8 mai 2013.

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visuels : (c) SND Films

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