A l'affiche
[Interview] Rencontre avec JONES, les réalisateurs de « Everyone’s going to die »

[Interview] Rencontre avec JONES, les réalisateurs de « Everyone’s going to die »

24 juin 2014 | PAR Yaël Hirsch

Ils sont jeunes, britanniques, publicitaires de formation et leur premier long-métrage très « indé » a fait le tour des festivals de la planète. Alors que la comédie Everyone’s going to die (voir notre chronique) sort le 9 juillet, rencontre avec deux talents plus que prometteurs.

TLC : Il n’y a vraiment personne sur la côte anglaise en juillet? Comment avez-vous trouvé ce magnifique lieu de tournage?
JONES: On a tourné en septembre sans pousser les gens! c’était le lieu parfait pour ce tournage, surtout qu’il fallait du calme et de la place pour tout faire en 20 jours. Nous ne connaissions pas le lieu avant d’y tourner notre film, mais ce sont des amis de la famille d’un d’entre nous, qui y ont une maison, qui nous ont mis sur la voie. Et oui, c’est vrai que la plupart des plages anglaises sont désertées depuis que les vols low-cost emmènent les britanniques plus au sud, mais cet endroit où arrivaient les ferrys, où il y a encore les rails de l’Orient express, c’était beau et parfait pour la rencontre que nous avions imaginée.

Combien de temps vous-a-t-il fallu pour écrire ce premier film?
Environ un an. Depuis le moment où on a eu l’idée de ce couple inattendu, tout est allé assez vite. Mais de par notre travail, nous avions l’expérience de faire des clips ou des petits films. c’est en voyant que certains films de Sundance pouvaient se faire avec de très modestes budgets qu’on s’est fixé un seuil et qu’on a sauté le pas!

Vous êtes très influencés par certains films américains indépendants, mais se peut-il que certains réalisateurs anglais classiques comme David Lean vous aient influencés?
Pas vraiment, non, il y a toujours un aspect très social dans les film anglais; on trouvait justement qu’il manquait quelque chose de léger, de comique, on voulait vraiment faire une comédie! On s’est inspirés de plein de films américains, on en avait plusieurs à l’esprit, aucun en particulier…

Comment avez-vous travaillé le rythme du film pour permettre le rire, pour réussir une comédie?
En fait, on ne s’est pas tellement posé la question du rythme. Pour nous, il s’agissait vraiment de donner les éléments nécessaires au public pour qu’il puisse s’identifier aux personnages quand ils sont dans des situations étranges ou bizarres. C’est vraiment ça qui fait rire : entrer dans la peau de ces drôles de personnages.

Les deux personnages ne sont pas de la même génération…
Non, et c’est aussi ce qui fait l’originalité de ce couple. Elle a peut-être une vingtaine d’années de moins que lui : Mélanie a du mal à entrer dans la vie professionnelle, et Ray est  en crise de milieu de vie. Mais paradoxalement sur certains aspects elle est plus mature. Pour elle, c’est d’autant plus dur de se fixer que c’est une génération où non seulement ton travail te définit, mais où contrairement à la génération précédente, on peut ne pas trouver un travail, ne pas parvenir à payer un loyer et vivre dans une précarité terrible. Ray n’a pas connu cela, il est encore de la génération où presque tous avaient un emploi.

C’était difficile pour vous de diriger des acteurs sur un long format?
C’est très différent de la manière de les diriger dans un clip. Mais cela s’est très bien passé. Les deux acteurs principaux fonctionnent très différemment; Rob (Knighton) dont c’est le premier film, est très instinctif. Si Rob, c’est du brut, du profond, Nora (Tschirner), c’est un travail de précision. Avec elle on a discuté chaque aspect de la psychologie du personnage. Elle a été fantastique; et nous a bluffé, notamment dans la grande scène de la voiture où elle déballe pendant 8 minutes tous les doutes de son personnage On a fait six prises pour cette scène et elles sont toutes parfaites, avec des variations si minimes et subtiles qu’au montage ça a été très difficile de choisir.

Vous êtes en train de préparer le prochain film. Y retrouvez-vous Rob ou Nora?
On aurait bien aimé, mais non, pour la bonne raison que les rôles du prochain film ne leur correspondent pas!

C’est parti pour 15 jours de Hip Hop à Paris !
Critique Aux Mains des Hommes : pas du divertissement, du cinéma
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture