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Critique Aux Mains des Hommes : pas du divertissement, du cinéma

Critique Aux Mains des Hommes : pas du divertissement, du cinéma

24 juin 2014 | PAR Alexander Mora-Mir

Un film qui littéralement dévêtit, comme lorsque l’on se retrouve au beau milieu d’une route, seul, une œuvre qui dérange et qui bouleverse. Ce voyage laissera des séquelles et vous livrera à nu Aux Mains des Hommes.

[rating=5]

Aux Mains des Hommes, est un film allemand, sorti pour la première fois en Allemagne en novembre de l’année dernière. Il est le premier de Katrin Gebbe et a reçu huit nominations au Festival de Cannes (édition 66, de 2013).

Julius Feldmeier interprète fabuleusement Tore, un jeune, à la recherche d’une nouvelle vie au sein d’un groupe religieux, des punks chrétiens appelés les « Jesus Freaks ». Dans une situation anodine, Tore rencontre Benno, un homme bienveillant, qui l’intègre rapidement en tant que membre de sa famille. La foi de Tore sera mise à rude épreuve lorsqu’il se retrouve piégé au sein d’un être bien plus maléfique qu’il n’y paraissait. Julius est la symbiose d’une naïveté intellectuelle brillamment jouée qui rend l’interprétation si crédible.

Son jeu semble si proche de la réalité qu’on oublierait presque que c’est du cinéma, même si le film s’inspire tout de même de faits bien réels. La « caméra au poing » utilisée, est à l’image d’un documentaire, une impression de suivre Tore à tout instant, comme s’il avait une présence derrière lui (divine).
La foi, la croyance en Jésus, le bien, le mal sont des sujets abordés par une réalisatrice non croyante. La vision quelque peu fantasmée de la religion par Tore, et le mépris que Benno fait ressentir, apportent à terme une vision objective de la religion, un équilibre.

C’est un film qui met en avant la force des idéaux et jusqu’où peut-on aller pour les suivre, les respecter. Quelles conséquences entraînent-ils ? Sont-ils nécessaires, bénéfiques pour le coup ? Que vaut la religion ? Dieu existe-t-il ? Qu’est-ce que le bien, le mal ? Ce sont toutes ces questions que l’on peut se demander à la fin de ce trésor.

Déstabilisant, ne plaira pas à tout le monde, entre violence et religion, un mélange très toxique, en salles le 25 juin. Horriblement magnifique, c’est ce qui qualifie la beauté du cinéma.

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Alexander Mora-Mir

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