
Vilain Cœur : “JoeyStarr est quelqu’un d’entier”
Vilain Cœur est un duo composé de Sofi Sahacic et Cris Tanzilli. Tous deux ont sorti en 2018 un premier EP éponyme en collaboration avec le producteur de musique Paul Reeve. Six ans plus tard, le duo s’apprête à sortir son second EP de cinq titres Le Cimetière des Chats en septembre prochain. Un projet qui contient notamment la chanson D’où je viens en duo avec JoeyStarr.
Toute la culture : Vous sortez bientôt votre nouvel EP qui va s’appeler Le Cimetière des Chats. Quels sont les sujets que vous allez traiter dans cet EP ?
Cris : Dans nos chansons, on essaie toujours d’avoir des thématiques qui se relient au travers de l’humain. En l’occurrence, les thématiques vont de l’exil au déracinement avec notamment le titre D’où je viens. On évoque aussi le processus du deuil dans Le Cimetière des chats.
Sofi : On aborde aussi des dimensions plus écologiques dans un titre qui s’appelle Petit cœur de pétrole. On raconte le voyage d’un bout de plastique à travers l’océan… L’humain est toujours au centre de ce qu’on raconte parce qu’on aime bien observer le monde autour de nous et raconter des histoires autour de ça.
Pourquoi “Le Cimetière des chats” ?
Sofi : C’est à la fois le titre d’une des cinq chansons de l’EP et c’est aussi un lieu qui existe et qui se situe dans le jardin à côté de notre studio d’enregistrement. C’est un endroit très très calme avec pas mal de sapins.
Cris : Un jour, Sophie a envoyé une maquette d’une chanson et il s’avère que je me trouvais à cet endroit. Tout de suite, l’idée du “Cimetière des chats” m’est venue. Mais ce n’est pas qu’une histoire de chats, c’est surtout une histoire de processus de reconstruction et d’oubli qu’il peut y avoir dans la vie quand on traverse des moments compliqués. Après, Sophie et moi, on adore les chats. Nous sommes végétariens, on a un grand respect pour les animaux aussi. La chanson Le Cimetière des chats ne parle pas que de chats. C’est surtout une chanson qui, à travers des histoires de chats, fait aussi des appels du pied. C’est ce qu’on vit nous-mêmes en tant qu’humains.
Vous avez fait une chanson intitulée D’où je viens en duo avec JoeyStarr. Comment s’est passée la collaboration avec cette légende du rap français ?
Sofi : Très bien ! On avait besoin d’une deuxième voix pour cette chanson. La fin de la chanson étant très dense au niveau de l’écriture, on avait besoin de quelqu’un avec un flow et une intensité dans l’interprétation. Et Cris étant fan de NTM depuis son plus jeune âge, je pense que ça a très vite fait écho en lui et pour lui, ça ne devait être que JoeyStarr. Mais c’était compliqué d’entrer en contact avec lui et de faire la démarche. Mais quand on a une idée en tête, on veut la pousser jusqu’au bout. On a eu la chance de le rencontrer et de lui proposer le feat. Et le fait qu’il ait accepté était magique !
Cris : JoeyStarr est quelqu’un d’entier. Quand il fait les choses, il ne les fait pas à moitié. Il nous a toujours dit : ‘On va jusqu’au bout.’ Il s’est pris au jeu et on en est très contents. Sur le tournage du clip, on avait une équipe formidable avec le réalisateur Raphaël Sartoris. On s’est vraiment marrés malgré la gravité de la chanson.
D’où je viens fait partie des titres de l’EP à avoir été dévoilés avec Bouteille à la mer. Comment ont été reçus ces deux singles ?
Sofi : Plutôt bien ! Lorsqu’on sort un single, on s’efforce toujours à faire de l’image à travers des clips. C’est là qu’on arrive à mesurer l’impact que ça a. C’est vrai que les deux clips ont été assez vus. On a eu pas mal de commentaires positifs. Mais on est surtout impatients de les jouer sur scène.
Cris : On fait surtout des chansons pour les partager. Et quand elles sont bien reçues, ça fait toujours du bien. C’est toujours mieux que si elles restent dans un tiroir et qu’il ne se passe jamais rien dessus. Mais on est plutôt contents de l’accueil reçu sur ces deux singles. On est aussi fiers d’aller au bout de certaines démarches artistiques, que ce soit le feat avec JoeyStarr ou le fait de clipper nos chansons. On travaille d’ailleurs sur un clip en forme de dessin animé. Ce qu’on aime avant tout, c’est vivre une aventure artistique.
Vous aviez sorti en 2018 un premier EP éponyme produit par Paul Reeve. Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de cette expérience ?
Sofi : C’était vraiment notre première expérience à deux. Avant cela, on évoluait au sein d’un groupe avec un batteur, un bassiste etc. C’était vraiment notre première expérience de studio où nous nous n’étions plus que deux. Avec Paul Reeve, on était vraiment en mode laboratoire de recherche sur les sons, sur la façon de mélanger l’organique au numérique… C’était un immense terrain de jeu et quelque chose de nouveau pour nous. J’en garde un incroyable souvenir.
Cris : Il y a plein de maladresses dans ce premier EP, mais ce sont ces maladresses là qui nous rendent atypiques et qui nous ont permis d’aller vers cette deuxième étape et de mieux maîtriser notre projet. En tout cas, j’estime qu’il n’y a rien à ajouter dans notre deuxième EP parce que je suis content de ce qu’on a fait et je l’assume pleinement.
Y’a-t-il des concerts de prévus ?
Sofi : On a repris les concerts au mois de juin et on va tourner sur toute la saison 2024-2025. On a joué notamment au Mexique, au Printemps de Pérouges dans l’Ain, au Festival Rock’nPoche en Savoie etc…
Cris : L’EP n’étant pas encore sorti, c’est un vrai tour de chauffe pour nous. À l’époque du premier EP, on avait tourné un clip au Mexique. On avait créé quelques contacts et c’est ça qui a fait qu’on a pu jouer au Mexique. C’est très cool !
Photos : Teo Jaffre.