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Portrait d’acteur : Paul Rudd, égérie de la génération Apatow et génie méconnu de la comédie américaine

Portrait d’acteur : Paul Rudd, égérie de la génération Apatow et génie méconnu de la comédie américaine

13 juillet 2015 | PAR Gilles Herail

Le succès espéré au box-office d’Ant-man va permettre de faire (re) découvrir au grand public un acteur essentiel de la comédie américaine contemporaine. Révélé dans Clueless en 1995, apparu dans les deux dernières saisons de Friends, Paul Rudd est devenu un habitué des productions Judd Apatow où il a pu utiliser au mieux son talent de divertisseur. Retour sur la carrière d’un acteur méconnu à tort dans nos contrées.

En 1995, Clueless, fausse comédie pour ados à l’esprit parodique acide, lance la carrière de Paul Rudd, espoir du cinéma dans le type « gendre idéal, mais drôle ». Le comédien trace son chemin en incarnant des jeunes premiers, avec Roméo + Juliette, L’objet de mon affection, plus tard Trop jeune pour elle. On le retrouve également en second rôle dans les deux dernières saisons de Friends où il incarne le mari de Phoebe. Paul Rudd n’y exprime pourtant pas tout son potentiel comique, révélé grâce à sa rencontre avec Judd Apatow. Un humour à froid, irrésistible. Un petit grain de folie, discret, mais inimitable. Entouré d’une troupe de comédiens du même âge, partageant les mêmes références, Paul Rudd devient un comédien central de la nouvelle vague de la comédie américaine des années 2000.

On le retrouve avec un premier personnage marquant dans Anchorman, La légende de Ron Burgundy, aux côtés du génial Will Ferrell. Le film est un succès d’estime en salles et deviendra par la suite objet de culte, légitimant une suite tout aussi hilarante sortie en 2013. Rebelote avec 40 ans toujours puceau, qui révèle Steve Carrell et précise la veine du style Apatow. Du cinéma d’adulescents, où l’homme est faible et lâche, et donc éminemment sympathique, dans des chroniques générationnelles qui parlent aux trentenaires américains. De la comédie crue pas dénuée de mélancolie, au milieu d’un festival de vulgarité et de gags scatos/sexuels. Troisième collaboration avec Apatow et nouveau succès dans Knocked-Up, comédie sur la ma/pa ternité où il retrouve Seth Rogen.

Multipliant les apparitions et les caméos, Paul Rudd trouve un rôle de premier plan dans I love you man où il forme un duo mythique avec Jason Segel. Bromance à l’américaine comme on les aime, excellemment interprétée et finement écrite, I love you man est à la fois hilarant et profondément tendre. Reprenant les codes de la comédie romantique pour nous parler de la naissance d’une amitié masculine. Quelques années plus tard, nouveau rôle marquant, cette fois-ci sous la direction de Judd Apatow. This is 40 (40 ans mode d’emploi) marque l’aboutissement de l’école Apatowienne. En filmant la vie de couple au plus près, revisitant la banalité du quotidien pour en tirer de la comédie. En laissant carte blanche à ses comédiens (souvenir ému de la scène chez la proviseure avec Melissa Mc Carthy).


Paul Rudd développe en parallèle une carrière plus diversifiée au sein du cinéma indépendant américain. Avec des petites comédies pleines de charme comme My idiot brother où il incarne un lunaire simplet à la maladresse sociale désarmante. Prince of Texas, étonnante chronique douce-amère sur la relation père/fils que l’on avait beaucoup aimé. Ou encore dans Le Monde de Charlie, beau film sur l’adolescence avec Emma Watson. Tournant beaucoup, avec plus ou moins de réussite, Paul Rudd garde pourtant toujours cette même fraicheur. A l’affiche d’Antman cette semaine, il s’essaie à un genre nouveau, le blockbuster Marvel, avec la même décontraction. Espérons que le succès attendu du film donne envie aux spectateurs français de découvrir le reste d’une filmographie passionnante.

Gilles Hérail

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