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Naomi Watts, perfect Diana

Naomi Watts, perfect Diana

23 août 2013 | PAR Olivia Leboyer

Un biopic sur Diana, c’est assurément plus glamour que la très décevante Dame de Fer de l’an dernier. Film romantique à souhait, ce Diana fait sourire par moments mais gagne, bien évidemment, les cœurs des spectateurs ! En salles le 2 octobre.

[rating=4]

diana le film affiche« Vous gagnez toujours, vous séduiriez n’importe qui, bien sûr ! » lance le chirurgien Hasnat Khan à Diana, qui désire savoir si elle a plu à sa famille. On pourrait en dire autant du film : too much, frisant bien souvent le roman-photo, ce Diana est très agréable à regarder. Malin, Oliver Hirschbiegel introduit quelques touches d’humour, de second degré, pour bien nous rappeler à quel point Diana devait, justement, composer avec les codes d’un univers factice. Jouer avec son image, téléphoner à tel journaliste people pour interdire une photo ou, au contraire, pour en commander une, ces exercices étaient devenus familiers à la princesse. Le film est centré sur un épisode très peu connu de la vie de Lady Di : son histoire d’amour contrariée avec un chirurgien cardiaque pakistanais, deux ans avant sa mort avec Dodi. A son contact, Diana s’investit dans l’action humanitaire, lutte contre les mines antipersonnel, et s’affirme pleinement comme « la princesse des cœurs ». Généreuse, intelligente, Diana est aussi cette grande amoureuse qui assume complètement tous les clichés, du baiser au rouge à lèvres laissé sur un miroir aux déclarations d’amour les plus éclatantes. Le film nous montre une Diana attendrissante, qui se comporte, tout naturellement, comme on le fait dans les contes de fées. Ce qui déroute parfois le bel Hasnat Khan, que cette vie en perpétuelle représentation rebute totalement.

En Diana, Naomi Watts est épatante : le célèbre regard coulé par en-dessous, la démarche légèrement chaloupée avec les mains dans les poches, le mouvement de tête de côté, toutes les mimiques sont maîtrisées à la perfection ! La garde-robe ne nous déçoit pas : robes droites et ajustées, pantalons cigarette, trench, blazers, et, bien sûr, des bijoux à couper le souffle… Naomi Watts excelle à exprimer, tour à tour, la candeur ou la dureté, l’orgueil blessé. Au luxe, elle préfère le mode de vie modeste d’Hasnat Khan, qu’elle admire avec la fougue d’une adolescente. Et pour incarner le bel amant inconnu du grand public, le réalisateur a choisi un acteur adoré des Anglais, Naveen Andrews, qui a joué l’amant de Juliette Binoche dans Le Patient Anglais, et le Sayid Jarrah Hassan de la série Lost. Naveen Andrews, en grand habitué des rôles romantiques, est parfait en amant tiraillé entre le cœur et la raison. Certaines scènes frisent le roman-photo, mais s’en plaindra-t-on ? Si certains passages font un peu sourire (une utilisation assez mal venue de Jacques Brel), Oliver Hirschbiegel réussit à nous faire sentir le rapport ambigu que Diana avait nécessairement développé avec son image publique. Lorsque, en femme rejetée et malheureuse, prête à tout pour faire revenir Hasnat, elle incite elle-même les photographes à la pister avec Dodi, dans l’espoir de rendre le chirurgien jaloux, nous sommes soudain émus.
Un film très plaisant, qui assume parfaitement son romantisme échevelé. Le mythe de Diana est décidément indétrônable !

Diana, de Oliver Hirschbiegel, 1h48, Grande-Bretagne/France, avec Naomi Watts, Naveen Andrews, Douglas Hodge, Charles Edwards, Géraldine James, Juliet Stevenson, Cas Anvar. Le Pacte. Sortie le 2 octobre 2013.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

One thought on “Naomi Watts, perfect Diana”

Commentaire(s)

  • shane

    Merci pour ce concours, curieuse de le découvrir!

    septembre 15, 2013 at 20 h 25 min

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