A l'affiche

« Greener Grass » de Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe : une version déjantée de Desesperate Housewives ![critique]

« Greener Grass » de Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe : une version déjantée de Desesperate Housewives ![critique]

20 septembre 2019 | PAR Simon Théodore

Dans le cadre du Festival européen du film fantastique de Strasbourg, Les réalisatrices, scénaristes et comédiennes Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe présentaient leur première réalisation Greener Grass. Cette satyre, à la fois drôle et fantastique, s’inspire des communautés américaines vivant dans les banlieues pavillonnaires des grandes villes.

Jill et Lisa vivent dans une banlieue pavillonnaire rappelant celle des fameuses Desperate Housewives. Dans ce monde, les habitants portent des appareils dentaires et se soucient de leurs apparences. Cela ne pose également pas de problème de donner son propre enfant à une autre mère et la transformation d’un petit garçon en chien ne semble pas non plus surprendre la population. Dans ce « suburb américain », le moyen de locomotion privilégié est la voiturette de golf. Voici donc le décor pour suivre les vies « idéales » de ces deux jeunes mères de familles mariées. Cependant, un tueur viendra finalement perturber ces vies tranquilles…

Dans cette comédie aussi surréaliste que déjantée, Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe s’inspirent de leur précédent court-métrage au même nom (2016) et se moquent sans retenue de ces communautés dans lesquelles tout est fondé sur le paraître et l’objectif d’avoir une meilleure existence que celle de son voisin. Dans le film, ce phénomène devient si fort que le nombrilisme amène les personnages à devenir aveugle face au monde qui les entoure. Le temps d’un baiser langoureux et baveux, Lisa et Jill échangent, par exemple, sans s’en rendre compte de maris… Certaines situations, vécues pendant l’enfance des deux cinéastes, deviennent ainsi hilarantes et les gags sont nombreux. Sur un air complètement excentrique, les deux femmes diront d’ailleurs, avant la séance, que le jury s’est trompé en les mettant dans la catégorie fantastique alors qu’il s’agit en réalité d’un documentaire…

Outre l’extravagance des différents personnages, il faut également souligner la performance de certains jeunes acteurs. Le personnage de Julian (Julian Hilliard) provoque ainsi de nombreux applaudissements dans la salle ! Bien que les rires soient réguliers et fréquents, l’histoire du tueur n’apporte pas grand-chose à l’univers. Au moment où la lassitude se fait sentir tellement le film devient une succession de vannes et de situations surréalistes – on a alors compris la recette du film – on suit les déboires de Jill, donnant une dimension dramatique à Greener Grass. La prestation de l’actrice est alors très convaincante et de l’empathie pour son personnage finit par gagner. Finalement, peut-être ne vaut-il mieux ne jamais ouvrir les yeux lorsqu’on vie dans cet univers de faux semblants…

En somme, Greener Grass apparaît comme une comédie complètement déjantée mais qui devient un peu longue une fois que l’on a saisi le propos et l’univers de ces réalisatrices américaines. Sans aucun doute, il ravira néanmoins les amateurs de films barrés comme ceux de Quentin Dupieux.

Greener Grass de Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe. Avec Jocelyn DeBoer, Dawn Luebbe, Beck Benneth. Genre : comédie. Durée : 1h42.

Visuel : affiche du film.

« Foncteur d’oubli » : L’opération mathématique fructueuse du Plateau – Frac Île-de-France
Désirs et violence exacerbés par Martin Kusej
Simon Théodore

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *