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FEFFS 2019 : les court-métrages made in France

FEFFS 2019 : les court-métrages made in France

17 septembre 2019 | PAR Simon Théodore

Pour cette nouvelle édition du Festival européen du film fantastique de Strasbourg, cinq films concourraient dans la catégorie des courts métrages français. D’une vingtaine de minutes en moyenne, ces courts métrages proposaient, avec parfois des thématiques communes, de belles idées.

En guise d’ouverture, Alice de Juliette Rose met en scène Jacques, un père de famille dont la fille a été enlevée quelques années auparavant. En manque de réponse, il est sujet à d’étranges hallucinations perturbant son quotidien. Si le thème de l’absence est bien traité et que l’atmosphère est parfois pesante, il faudra admettre que l’idée est peu originale et le dénouement attendu.

La première curiosité de cette sélection proviendra de Pierre le Gall et Sarah Malléon avec Doubout. Sur l’île de la Martinique, Joseph, un petit garçon de huit ans rêvant d’être un chevalier jedi, s’inquiète du départ de son grand frère pour la métropole. Lors d’une fête organisée pour l’occasion, il part affronter dans la forêt le Lentikri, un monstre diabolique suceur de sang présent dans le folklore martiniquais. Au-delà de l’aspect touchant de ce jeune acteur, cette belle idée permet aux réalisateurs de mettre en scène un rite de passage et de souligner les inquiétudes que peut générer le départ d’un grand frère pour un petit garçon.

Grâce à un jeu de couleurs réussi et conférant au film de réelles qualités esthétiques, Charlotte Le Bon signe également un excellent court métrage au scénario plutôt original. Dans Judith Hotel, le spectateur suit les tourments de Remi, un jeune insomniaque depuis huit ans. Après avoir obtenu une chambre dans un étrange hôtel, il pourra enfin trouver le repos mais se rendra compte que ce n’est pas ce qu’il désirait le plus. Le dénouement de cette comédie sombre s’avère être des plus visuel. Sans aucun doute, il s’agit d’un des projets les plus intéressant de cette sélection.

Quatrième court métrage en compétition, Tempus Fugit de Lorenzo Recio revisite les mythes de la fontaine de jouvence et de la jeunesse éternelle. Partie faire des courses, Jeanne, une septuagénaire mariée, découvre au bord d’une route une rivière aux propriétés miraculeuses. Tempus Fugit s’avère être un beau film interrogeant à la fois notre rapport à la mort et à la fuite du temps. Le public se laissera agréablement porté par l’histoire.

Habitué du festival, William Laboury avait été primé l’année dernière avec Chose Mentale. En 2019, il revient avec Yendere, relatant l’amour impossible et infini entre Maïko, un hologramme et Tommy, un adolescent. En japonais, le terme « yendere » désigne une personnalité malade d’amour, voire psychotique, ce qui permet aisément d’imaginer l’histoire. Cette réalisation, se distinguant par ses effets spéciaux, mélange le cinéma et la réalité virtuelle pour un rendu agréable et pertinent. Néanmoins, l’idée aurait mérité d’être développée à travers un format plus long pour pouvoir s’imprégner de l’univers.

En somme, cette nouvelle sélection dévoile la richesse du genre en France et rend compte de l’esprit imaginatif de certains cinéastes. Entre qualités esthétiques réelles et simplicité, Doubout et Judith Hotel sont les courts métrages les plus marquants de cette année. Reste à savoir si William Laboury remportera un prix pour la deuxième année consécutive…

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Simon Théodore

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