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« Dogs Don’t Wear Pant’s » de J-P Valkeapaa : un drame sur fond de sadomasochisme [critique]

« Dogs Don’t Wear Pant’s » de J-P Valkeapaa : un drame sur fond de sadomasochisme [critique]

23 septembre 2019 | PAR Simon Théodore

Engagé dans la compétition crossover de la douzième édition du Festival européen du film fantastique de Strasbourg, le réalisateur finlandais J-P Valkeapaa dévoilait son dernier projet Dogs Don’t Wear Pants, un drame émouvant sur fond de sadomasochisme.

Juha est un chirurgien dont la femme s’est noyée durant une baignade dans un lac. Quelques années plus tard, alors qu’il emmène sa fille se faire percer la langue, il fait la rencontre de Mona et découvre l’univers du sadomasochisme. Repoussant toujours un peu plus ses limites pour approcher la mort et revoir sa femme, il va se servir de ces séances très spéciales pour faire son deuil.

Le pitch du film, tel qu’il était proposé au public dans le programme, pouvait faire penser à un film drôle, dans lequel la culture SM aurait été sujette à caricature. Dogs Don’t Wear Pants s’avère être en réalité touchant, sérieux, parfois violent et sombre. L’interprétation de Pekka Strang (Tom of Finland, Juice) est remarquable. À chaque fin de séances SM, son regard en dit long sur son désespoir et la relation qu’il entretient avec sa dominatrice. Cette dernière semble d’ailleurs avoir un rapport particulier avec la douleur. Ainsi, le chirurgien est prêt à tout, jusqu’à abîmer son corps, pour se rapprocher de sa femme. Certaines scènes sont ainsi d’une violence extrême et le spectateur ressent aisément la douleur physique de Pekka.

Outre le jeu des acteurs, celui de Krista Kosonen (Blade Runner 2049) est également à souligner, ce film devient intéressant dans la mesure où il ne caricature pas la culture SM. J-P Valkeappa filme des pratiques encadrées et concentre l’attention sur la relation des deux protagonistes, évitant ainsi une énumération interminable de jeux sexuels déviants. Bien que l’on sente les troubles psychologiques qui animent ce couple, il n’est ainsi pas question de situations et de personnages ridicules. Le thème du sadomasochisme est utilisé de manière intelligente et surprenante comme un moyen de faire le deuil.

Dogs Don’t Wear Pants apparaît donc comme un film beau et original. Certaines parties peuvent sembler un peu longue – on pensera notamment à la fin du film et le moment où l’on découvre l’univers professionnel de Juha – mais elles ont le mérite de nous faire respirer, tant le malheur de chirurgien est pesant et l’atmosphère du film froide et sombre.

Dogs Don’t Wear Pants de J-P Valkeapaa. Avec Pekka Strang, Krista Kosonen, Ester Geislerova. Genre : drame. Durée : 1h46.

Visuel : affiche du film.

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