A l'affiche

FEFFS 2019 : les courts métrages animation

FEFFS 2019 : les courts métrages animation

23 septembre 2019 | PAR Simon Théodore

Pour cette nouvelle édition du Festival européen du film fantastique, sept films étaient engagés dans la compétition animation. Des États-Unis à la Chine en passant par la France, de la comédie au drame, certains de courts métrages s’avère être de véritables pépites du genre.

Habitué des films d’animation, Vincent Patar et Stéphane Aubier ont, une fois de plus, prouvé leur talent avec un nouvel épisode des aventures de Cowboy, Indien et Cheval. Dans La Foire Agricole, le spectateur suit les pérégrinations de Cowboy et Indien qui, après avoir réussi leurs examens, décident de se rendre à une foire agricole aux allures de fête foraine. Malheureusement, Cheval a perdu les tickets et ils devront effectuer d’innombrables voyages dans le temps pour retrouver les fameux sésames. Décors en carton-pâte, personnages aux allures de jouet et situations loufoques donnent à ce film une jolie ambiance. Grâce à ses gags en tout genre et ses nombreux imbroglios, le rythme est effréné et les rires nombreux dans la salle. Une belle réussite !

Dans The Haunted Swordsman, l’ambiance se veut beaucoup plus noire. Un samouraï solitaire, dont le seul compagnon est une tête décapitée, est en quête de vengeance et part affronter des démons. À la fois violent et sombre, ce film de Kevin MacTurk impressionne par la qualité des graphiques évoquant les meilleures cinématiques de jeux vidéo. Dans un tout autre registre, L’Heure de l’Ours d’Agnès Patron s’avère être raffiné mais étrange. Des maisons brûlent, des enfants et des ours virevoltent au milieu des cendres. Le film prend alors des allures de peintures mouvantes mais l’univers de ce film présenté à Cannes est difficile d’accès.

Primé au Festival international du film d’animation d’Annecy, la production franco-argentine Pulsión se distingue également par sa violence et met en scène les sentiments obscurs accumulés par un enfant après la mort de sa mère. Pendant près de sept minutes, on aura l’impression de suivre le parcours macabre d’un Sims psychopathe. La deuxième trouvaille de cette sélection provient de Chine. Avec Sister, Siqi Song met un homme les paroles d’un homme se remémorant son enfance avec sa sœur. Pourtant, la réalité s’avère bien moins joyeuse… Primée dans de nombreux festivals, la réalisatrice chinoise propose un film poétique et émouvant, inspiré par la politique de planification des naissances son pays.

Après Deep Space (2014), Bruno Tondeur explore dans Sous le Cartilage des Côtes les malheurs d’un adulte hypocondriaque. Ce thème original, inspiré par certains éléments de vie du réalisateur, est très bien traité et rend compte de l’enfer psychologique et social qu’engendre de tels troubles. Enfin, pour clôturer cette sélection, Natacha Baud-Grasset proposait avec La Traque une chasse durant laquelle une meute loup poursuit un cerf. Court et intense, rythmée par une musique entraînante, ce projet prend des allures de clip vidéo en dessin animé et on prend plaisir à attendre le dénouement de cette folle course.

En somme, cette sélection de films d’animation proposait de belles idées. On retiendra tout particulièrement la légèreté et la frénésie de La Foire Agricole ainsi que le déroutant et émouvant Sister de Siqi Song.

Visuel : affiche du festival.

Gagnez 1×2 places pour Pelléas & Mélisande à l’Opéra de Dijon le 8 novembre
« Dogs Don’t Wear Pant’s » de J-P Valkeapaa : un drame sur fond de sadomasochisme [critique]
Simon Théodore

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *