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« Des lendemains qui chantent » : un casting de choc pour porter le deuil de mai 1981

« Des lendemains qui chantent » : un casting de choc pour porter le deuil de mai 1981

22 juillet 2014 | PAR Yaël Hirsch

C’est avec le trio Pio Marmaï, Laetitia Casta, et Gaspard Proust que Nicolas Castro passe le rubicon du premier long métrage. Des lendemains qui chantent est une comédie acerbe qui chronique sur 15 ans l’enterrement des idéaux de mai 1981 par la génération Mitterrand. Un film où l’on rit jaune et dont certains risquent de sortir les yeux rougis… En salles le 20 août. 

[rating=4]

Saint-Etienne, mai 1981. Pour les deux frères et fils d’ouvrier Olivier (Gaspard Proust) et Léon (Pio Marmaï), leurs 20 ans s’illuminent et victoire rime avec grands espoirs. Le cadet, Léon enjolive encore cette nuit historique en la passant avec une autre jeune militante socialiste Noémie (Laetitia Casta). Mais cette dernière le quitte au bout de trois jours de passion pour faire sciences-po, l’ENA et s’engager en politique. En 2002, quand Jospin ne passe pas le premier tour, ils se sont tous frottés de près au pouvoir, Olivier en tant que communicant-publicitaire, Noémie en tant que conseillère de François Mitterrand et le plus fidèle et rêveur des trois, Léon, est malgré tout devenu le journaliste qu’on lui sommait d’être : celui qui pose des questions intimes, privées, « rigolotes » mais surtout pas politiques aux plus hauts représentants du pays…

Chronique assez réaliste d’un profond désenchantement, Des lendemains qui chantent saisit une réalité à la fois dense et dérangeante : celle d’une génération qui a trahi ses propres idéaux à grand renfort de superficialité, avec pour prétexte que « les temps ont changé ». Si visuellement ce premier long métrage reste assez marqué par le passé « télé » du réalisateur de Je hais les années 1980, la justesse souvent douloureuse du propos, l’humour vache et les comédiens formidables qui portent le film en font une vraie réussite. Pio Marmaï est instinctivement juste dans son personnage sympathique et mou, Proust est tout simplement génial en clone de en pubard cynique et en second rôle de père ouvrier perdu dans une nouvelle société sans classes, André Dussolier est absolument merveilleux. Une histoire bien proche à revivre dans les salles obscures.

Des lendemains qui chantent, de Nicolas Castro, avec  Pio Marmaï, Laetitia Casta, Ramzy, André Dussolier et Gaspard Proust, France 1h34, UGC distribution, Sortie le 20 août 2014.

visuel : photo officielle du film

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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