Théâtre

[Villeneuve en Scène] Les Baladins du Miroir énergisent « La Bonne Âme du Se-Tchouan »

[Villeneuve en Scène] Les Baladins du Miroir énergisent « La Bonne Âme du Se-Tchouan »

22 juillet 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Sous leur chapiteau, les Baladins du Miroir nous proposent une Bonne Âme du Se-Tchouan énergique et chaleureuse. Un plancher en bois d’où sortent des brins d’herbe, des gradins qui l’entourent, une troupe maquillée, des situations matérialisées par des objets simples… Du Bertolt Brecht sans lourdeur, entraînant.

[rating=4]

La Bonne Ame du Se-TchouanJean Bellorini, Stuart SeideLa Bonne Âme du Se-Tchouan inspire encore les artistes aujourd’hui. Cette pièce très sociale est ici rendue sous forme de théâtre forain. Tant mieux : les interprètes ne vont se concentrer que sur l’énergie de la fable, jouée au milieu des spectateurs. On va suivre l’histoire de Shen Té, la prostituée qui, grâce à l’intervention de trois « dieux », achète un bureau de tabac dans un coin reculé de Chine, et tente de faire le bien, malgré la rapacité du monde.

Et on va marcher à fond. Il faut dire que certains comédiens emportent le morceau : Virginie Pierre, dans le double rôle de Shen Té et du « cousin », passe avec allégresse de la plus grande douceur à la dureté ; David Matarasso, qui incarne le porteur d’eau, use à fond de ses talents de bonimenteur ; le prétendant Shu Fu est interprété par l’imposant Andréas Christou, qui trouve le ton juste pour jouer, sans caricature, un tout petit nanti romantique et ridicule… Cette troupe ressemble à une famille, tant et si bien que lorsque le bureau de tabac acheté par Shen Té se trouve envahi par toute une fratrie, l’illusion n’en est plus une.

Le talent et l’absence de retenue des comédiens apparaît en fin de compte comme le seul effet spécial du spectacle. Ils déplacent quelques éléments de décor, des vélos surmontés de plantes vertes par exemple, et aussitôt, une scène s’anime… On aime cet entrain communicatif. Qui nous plonge, au niveau du récit, mais aussi de notre pensée, dans un questionnement sur la bonté en société. Qui nous en offre un exemple, mais un exemple lyrique… Et pas si loin de nous, en fin de compte, malgré le blanc des visages…

Retrouvez le dossier Festival d’Avignon 2014 de la rédaction

Visuel : © Baladins du Miroir

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