A l'affiche
[Deauville] Palmarès: and the winner is… « Whiplash »

[Deauville] Palmarès: and the winner is… « Whiplash »

13 septembre 2014 | PAR Olivia Leboyer

Whiplash2

Pour ce quarantième festival du film américain, le choix s’est imposé avec une sorte d’évidence : Whiplash représente tout ce que le cinéma américain sait faire de mieux. Une intensité, une fièvre, un questionnement existentiel, une envie démentielle de réussir et d’atteindre le sommet. Un très beau film, cruel et violent.

Whiplash-Damien-Chazelle

C’est donc Damien Chazelle qui remporte le Grand Prix (ainsi que le Prix du public), avec Whiplash, déjà vainqueur de Sundance et très apprécié à Cannes à la Quinzaine. Une histoire de vocation, d’espoir et de souffrance, à travers la relation malsaine au possible, sado-masochiste et profonde qui unit un professeur de jazz et son très jeune élève. Impitoyable, d’une rare violence, la pédagogie du prof Terence Fletcher (J-K Simmons) sidère et captive. Face à un J-K Simmons à l’autorité surpuissante, le jeune Miles Teller livre une prestation d’une rage et d’une vitalité inouïes. Whiplash a déclenché un enthousiasme presque délirant lors de sa projection au CID : c’est normal, et c’est aussi le rôle du cinéma de transporter ainsi une foule. Le film nous laisse pantelants, épuisés nerveusement et, d’une certaine manière, heureux. Dur, sans concession ni happy end facile, Whiplash rayonne d’ambiguïté sombre. Que le film ait plu à un jury constitué de personnalités artistiques aussi différentes n’a rien de surprenant (et Marie-Claude Pietragalla a certainement reconnu un univers familier). Notre critique: ici

Les autres prix ? Prix du jury pour The Good lie de Philippe Falardeau, très bien accueilli par le public.

Le Prix du 40e anniversaire pour Things people do de Saar Klein.

Le Prix de la révélation Cartier pour A girl walks home alone at night de Ana Lily Amirpour. Audrey Dana, présidente du jury révélation, a souligné que le choix a été unanime pour ce film qui met en scène une justicière voilée en Iran. Notre critique ici.

Et le prix de la critique internationale pour It Follows, que TLC avait remarqué à l’Etrange Festival.

Avec Whiplash, le 40e Festival de Deauville est assuré de toucher un très large public. Du cinéma puissant, exigeant et populaire. Good work ? No, much better than that !

visuels: photos officelles de Whiplash.

[Critique] « Gemma Bovery » Fabrice Luchini dans une comédie ludique, sensuelle et littéraire
[Tour de Web] Voyeurisme d’intime
Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture