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[Critique] « Sidewalk Stories » l’hommage réussi de Charles Lane au cinéma muet

[Critique] « Sidewalk Stories » l’hommage réussi de Charles Lane au cinéma muet

08 octobre 2013 | PAR Hugo Saadi

[rating=4]

Plus de vingt ans avant « The Artist » de Michel Hazanavicius ou encore « Blancanieves » de Pablo Berger, Charles Lane rendait déjà hommage au cinéma muet au début des années 1990 avec « Sidewalk Stories ». Un hommage au « Kid » de Chaplin, parfaitement maitrisé devant et derrière la caméra par C. Lane qui en est également l’acteur principal du film.

Charles Lane joue le rôle d’un sans-abri qui tente de gagner sa vie en dessinant le portrait de passants en marge des quartiers des affaires et des foules pressées de Manhattan. Il s’immerge complètement dans la peau du personnage et les conditions du tournage ont eu pour effet d’intensifier l’appréhension du dur problème des sans-abri tel qu’il est décrit dans le film. Effectivement, « Sidewalk Stories » a été tourné pendant une vague de froid de février en seulement quinze jours et le budget serré ne permettait pas d’offrir le confort de caravanes chauffées.

Le film arrive à captiver l’attention du spectateur dès les premières minutes du fait de la grande palette de jeu de l’acteur – réalisateur. Il va relater les aventures de ce jeune artiste de rue au quotidien bien tranquille : son gagne pain, son emménagement dans le sous-sol d’un vieil immeuble abandonné … Mais un soir, au détour d’une ruelle, il recueille une fillette dont le père vient d’être assassiné. Il va l’adopter et se débrouiller tant bien que mal pour la loger, la vêtir et la nourrir. Dès lors son quotidien change et l’alchimie entre les deux prend très rapidement et se ressent parfaitement à l’écran. La rencontre avec une riche jeune femme qui est prise d’affection pour ce duo cocasse va rythmer encore plus le film. Les scènes comiques et attendrissantes se multiplient au fur et à mesure et on se laisse bercer par leur rythme de vie assez atypique.

Charles Lane réussit dans un premier temps son pari de film muet en noir et blanc et permet dans un second temps de traiter sans aucun jugement la vie des sans-abri, purement réaliste. Il livre alors pour son premier film un message de générosité et d’amour qui nous séduit. Qui dit film muet dit grande partition musicale et ici celle du compositeur Marc Marder est de haute volée. Comme le dit ce dernier « l’idée était de faire un film sur les sans-abri, parce que ce sont des gens sans voix, c’est la musique dans ce film qui est leur voix ». La scène finale vient conclure le film en beauté : les acteurs sont de vrais sans-abri et tout d’un coup la couleur et le son reviennent telle une intégration réussie dans le paysage urbain de ces hommes et femmes laissés de côté. Enfin, Charles Lane porte littéralement son film sur les épaules et illumine chaque scène par son jeu et ses mimiques que l’on découvre à travers de multiples péripéties.

A noter également que le film a été couronné du prix spécial Guggenheim comme meilleure « source d’inspiration pour les enfants ». Un film à découvrir dans sa version restaurée qui enchante et divertit !

« Sidewalk Stories », un film de et avec Charles Lanes, Nicole Alysia et Sandye Wilson, comédie dramatique américaine, sortie le 18 avril 1990, reprise en version restaurée le 9 octobre 2013. 1h37

visuels : (c) Carlotta films

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Hugo Saadi

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