A l'affiche
[Critique] « Obvious Child » : la comédie romantique indie de la rentrée

[Critique] « Obvious Child » : la comédie romantique indie de la rentrée

24 août 2014 | PAR Yaël Hirsch

Comédie romantique déjantée présentée à Sundance l’an dernier, Obvious Child est le premier long métrage à la fois girly et pointu de Gillian Robespierre. Quelque part en la série Girls et un New-York de carte postale woddyallenienne, le film permet de couvrir une comédienne aussi impertinente qu’attachante, Jenny Slate. Une comédie romantique qui sait sortir des clichés et même s’en jouer.

[rating=4]

La trentaine mutine, Donna Stern vit dans un Williamsburg résolument hipster où elle travaille dans une libraire révolutionnaire le jour et sort avec un amoureux qui ne met pas de déodorant par peur des parabens. La nuit, elle s’adonne à sa passion : le stand-up. Sur scène, sa vie se transforme à toute allure en bons mots, qu’elle ne mâche pas quand il s’agit de révéler les détails les plus crus et les plus drôles de son intimité. Mais l’optimiste clown féministe perd coup à coup son copain (qui la trompe avec sa meilleure amie) et son job (il n’y a plus de place pour la révolution, la librairie ferme). Buvant un peu trop, elle finit dans le lit et enceinte d’un sympathique jeune-home qui n’est pas du tout son genre: sérieux, catholique et il porte même des mocassins. Va-telle le revoir pour lui dire ce qui s’est passé?

Feelgood movie pour intellos épris de New-York, Obvious Child vit au rythme endiablé de son héroïne aussi verbeuse que looseuse. Truffée de bons mots, très crue à la manière de la série « Girls » mais jamais totalement vulgaire, cette comédie romantique indépendante brosse en quelques plans des portraits très touchants et vivants (les parents, la colocataire…). Au coeur de cette architecture réussie, Jenny Slate irradie. Sorte de rencontre hallucinée entre Greta Gerwig et Sarah Silverman, elle est d’autant plus fascinante et mystérieuse qu’elle est nue et frontale. Une des belles découvertes de septembre, à ne pas laisser passer.

Obvious Child, de Gillian Robespierre, avec Jenny Slate, Jake Lacy, Gaby Hoffman, USA, 2013, Paradis Films, sortie le 3 septembre 2014.

visuels : affiche et photos officielles du film

Tour de web : y’a plus de saisons (ma brave dame)
« Comment la gauche a kidnappé Jaurès » de Bernard Carayon
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture