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[Critique] « Locke », huis-clos automobile interminable et vide d’émotion

[Critique] « Locke », huis-clos automobile interminable et vide d’émotion

16 juin 2014 | PAR Hugo Saadi

Steven Knight, le scénariste des Promesses de l’ombre et réalisateur de Crazy Joe se paye les services de Tom Hardy (Bronson) pour Locke, un huis-clos automobile interminable. La réalisation vient sauver le film de la déroute complète.

[rating=2]

Ivan Locke est un gestionnaire très respecté dans le bâtiment, marié et deux jeunes garçons. Un coup de fil va mettre en péril tout ce qu’il a construit. La raison : une ancienne conquête d’un soir est tombée enceinte et il lui a promis d’être à ses côtés pour la naissance du bébé. Le hic, l’hôpital se trouve à plus d’une heure et demie de voiture. Nous voilà donc parti pour un périple aux côtés de Tom Hardy, seul dans sa voiture. S’ensuit une succession d’appels téléphoniques bluetooth entre Ivan Locke, sa femme, ses enfants, la future mère de son enfant et des employés du bâtiment qui doivent gérer une livraison de béton. Autant le dire rien de bien passionnant, rien à se mettre sous la dent pendant tout le trajet. Ce n’est pas non plus les éléments extérieurs qui vont pouvoir arranger cela puisque Locke se passe à 100% dans la voiture … On attend malgré tout un coup de fil qui va se différencier des autres, mais là encore aucune surprise, la gestion du chantier se déroule, sa femme apprenant que son mari l’a trompé ne veut plus lui parler et enfin la future mère est en panique face aux contractions qui se font de plus en plus fortes. On aura bien sûr droit aux remises en question d’Ivan Locke sur ses choix et à sa confrontation avec un père dans l’au-delà, siégeant à l’arrière de la voiture. La relation particulière qu’il entretenait avec lui est alors exposé et ressurgit dans ce moment de faiblesse et de tension.

Pas de bouchon sur la route, mais pourtant le film nous endort et ne nous captive jamais. Aucune émotion se dégage du jeu monolithique de Tom Hardy, coincé derrière son volant et donnant de temps à autre des coups d’oeil dans son rétroviseur. Rien d’autre au programme. Si l’on devait sauver quelque chose de Locke c’est la réalisation et le montage. A l’instar d’un Buried qui se déroulait uniquement dans un cercueil, ici il arrive à proposer de nombreux angles de vue au sein de la voiture. Via les rétroviseurs ou encore les reflets dans la vitre, il tente de donner du peps à son film, en vain. Celui-ci se passant en pleine nuit, les lampadaires, phares et autres néons lumineux rendent la photographie sombre, mais scintillante à la fois. Le final arrive sans que l’on y prête attention et l’on quitte Ivan Locke sans se soucier vraiment de la suite de sa longue nuit.

Locke, un film de Steven Knight, avec Tom Hardy, Ruth Wilson, drame britannique, 1h25. Pas de date de sortie.

L’agenda classique de la semaine du 16 juin
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Hugo Saadi

One thought on “[Critique] « Locke », huis-clos automobile interminable et vide d’émotion”

Commentaire(s)

  • David

    I don’t think you were able to understand this piece of art. Tom Hardy is fascinating to watch; the best film of 2014 so far!

    juin 16, 2014 at 19 h 55 min

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