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[Critique] « Les rayures du zèbre » : le foot, l’Afrique, la Belgique et l’incroyable Poelvoorde

[Critique] « Les rayures du zèbre » : le foot, l’Afrique, la Belgique et l’incroyable Poelvoorde

10 février 2014 | PAR Gilles Herail

Étonnante de vérité et d’intelligence, cette comédie sociale du réalisateur belge Benoit Mariage permet de retrouver Benoit Poelvoorde à son meilleur dans un scénario dérangeant qui parle de l’Afrique sans misérabilisme ni jalousie exotique.

[rating=4]

Synospsis officiel: José est agent de footballeurs. Sa spécialité : repérer en Afrique des talents prometteurs.  Lorsqu’il déniche Yaya, il l’emmène en Belgique pour en faire un champion. Il est persuadé d’avoir trouvé la poule aux œufs d’or. Mais rien ne se passera comme prévu… On appréciait déjà le travail de Benoît Mariage. Un réalisateur belge spécialiste de la comédie dramatique sociale. On avait adoré la bizarrerie grise et pathétique des étranges Convoyeurs attendent. Le road movie et la quête obsessionnelle de Cow-Boy où un journaliste cherche à retrouver et filmer le héros révolutionnaire de son enfance. Il est donc tout naturel de tomber sous le charme de Rayures du zèbre moins inoffensives qu’elles n’en ont l’air. Un coup de cœur passé inaperçu en ce début d’année avec un démarrage catastrophique en salles mercredi. Mariage nous propose une comédie dramatique qui assume le fait de parler de sujets intéressants et politiquement incorrects. Un film qui ne se cache pas de questionner les relations toubabs/africains, le système de repérage de talents dans les quartiers pauvres des ex-colonies, les relations de pouvoir et d’argent. Sans jamais chercher le brûlot ou le film à thèse donneur de leçons.

Benoit Mariage peut s’appuyer sur un acteur qu’il connaît bien et qui a participé à la quasi totalité de ses films. Poelvoorde sait se fondre  dans ce type de rôle. Un faux beauf, à la fois révoltant dans ses habitudes de pacha paternaliste et touchant dans son attachement naïf aux jeunes qu’il recrute et pour qui la transition en Europe est difficile. Les rayures du zèbre parlent extrêmement bien de l’Afrique, des relations complexes avec le rêve européen. De la passion africaine des blancs qui y séjournent régulièrement et y retournent irrémédiablement. Le cinéaste associe parfaitement la veine sociale et comique du cinéma belge à un ton très personnel qui s’inscrit dans la continuité de sa filmographie. Les rayures cherche la précision sociologique et documentaire tout en trouvant l’humanité profonde de ses personnages qu’il ne cherche ni à juger ni à excuser. Poelvoorde est génial.  Parfait. Jamais meilleur qu’en retrouvant des réalisateurs et un accent belges. Loin des grosses productions populaires où il s’était aigri. Promis à un triste sort au box-office, Les rayures du zèbre va malheureusement disparaître des écrans dans deux semaines au maximum et ne mérite pas son anonymat. Allez vous faire votre avis en attendant un autre film sur l’Afrique qui promet aussi d’allier humour et acidité. Le Crocodile du Bostwanga par l’équipe du controversé (et passionnant) Case Départ

Gilles Hérail

Les Rayures du Zèbre, une comédie dramatique sociale de Benoit Mariage avec Benoit Poelvoorde et Marc Zinga, durée 1h20, sortie le 5 février 2014

visuels : affiche et photo officielle du film.
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Gilles Herail

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