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Case départ: comédie déchainée et culottée sur fond d’esclavage

Case départ: comédie déchainée et culottée sur fond d’esclavage

30 juin 2011 | PAR Gilles Herail

Les avant-premières partout en France ont confirmé l’intérêt grandissant pour une comédie à part. La critique de ce film éminemment drôle qui tire le meilleur d’un grand mélange entre le jamel comedy club, les visiteurs et l’esclave.

Synopsis officiel (extraits): Demi-frères, Joël et Régis n’ont en commun que leur père qu’ils connaissent à peine. Joël est au chômage et pas vraiment dégourdi. La France, « pays raciste » selon lui, est la cause de tous ses échecs et être noir est l’excuse permanente qu’il a trouvée. Régis est de son côté totalement intégré. Tant et si bien, qu’il renie totalement sa moitié noire et ne supporte pas qu’on fasse référence à ses origines. Délinquance et immigration vont de pair si l’on en croit ses paroles.Réclamés au chevet de leur père mourant aux Antilles, ils reçoivent pour tout héritage l’acte d’affranchissement qui a rendu la liberté à leurs ancêtres esclaves. Faisant peu de cas de la richesse symbolique de ce document, ils le déchirent. Décidée à les punir, une mystérieuse vieille tante décide de leur faire remonter le temps, en pleine période esclavagiste ! Parachutés en 1780, ils seront vendus au marché comme esclaves. Les deux frères vont alors devoir s’unir, non seulement pour s’évader de la plantation mais aussi pour trouver le moyen de rentrer chez eux.

Thomas N »Gijol et Fabrice Eboué, bien connus des amateurs de la nouvelle école de canal+ ont eu la bonne idée de transposer leur humour très contemporain dans un arrière-plan historique encore tabou: l’esclavage. Case départ réserve un enchainement incroyable de gags et de répliques bien senties, ne cédant que quelques secondes à la résolution obligatoire du conte moral initiatique. La verve comique du duo lui permet tous les excès et toutes les libertés: le film est une réussite sur tous les plans, si l’on oublie une photo assez pauvre et une réalisation peu avenante. La variation sur le concept des visiteurs, actualisée dans un univers comique très actuel, cache cependant une ambition peut être plus grande. Case départ ne se veut pas une seule seconde donneur de leçons, présentant un ensemble de personnes caricaturaux, clairement orientés sur le registre de la comédie, le principal colonialiste étant paradoxalement le personnage le plus nuancé. Le désormais retraité de France 2 Eric Zemmour a d’ailleurs apprécié le film, évitant le mélange entre devoir de mémoire et performance comique. Le film, sympathique et rassembleur, nous questionne sur d’autres sujets.

L’humour sur les racismes et les préjugés en tout genre, des juifs aux chinois en passant par les noirs, les blancs, les aveugles et les homosexuels reste subversif mais passe comme une lettre à la poste, distribuant les vannes hilarantes de manière équitable. Le spectateur doit cependant éprouver des sentiments beaucoup plus contradictoires quand il se surprend à rire bêtement sur un coup de fouet ou une scène de vente aux esclaves. L’humour vient toujours uniquement des deux protagonistes mais l’on se sent parfois gêné devant notre faculté à s’amuser de gags qui ont lieu dans un contexte chargé. Plus qu’une réflexion sur la mémoire de l’esclavage (le grand film sur la traite négrière arrivera bien un jour), Case Départ nous interroge sur notre rapport à l’humour et les limites inconscientes que l’on se fixe sur le traitement des réalités historiques douloureuses. L’une des comédies les plus drôles de cette année fera donc surement date, tant pour son écriture et son interprétation réjouissantes que sa volonté de ne pas caresser le spectateur dans le sens du poil.

Gilles Hérail

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5 thoughts on “Case départ: comédie déchainée et culottée sur fond d’esclavage”

Commentaire(s)

  • myriam

    film de merde qui caricature un propos délicat, bravo les bounty

    juin 29, 2011 at 20 h 28 min
  • NELSON

    CASE DEPART est un TORCHON SALE ANTI ANTILLAIS vulgaire et malpropre
    qui insulte nos aïeux , fait par des franco camerounais manipulés par
    des blancs réacs qui se cache deriere eux et qui ont financer le film et
    qui souhaite abroger la loi TAUBIRA .
    Ils n’ont
    aucune conscience de ce qu’ils sont des petits médiocres qui aiment
    joués comme dans les années 30 aux macaques devant leurs amis blancs
    que cella fait rigoler !

    Ce film est passible des tribunaux selon la loi TAUBIRA
    l’esclavage est un crime contre l’humanité… et il est interdit de
    rigoler d’un crime contre l’humanité surtout en voyant l’état de
    l’Afrique francophone en 2011 néocolonialisme, préjugés médiatiques,
    pillages , guerres provoquées etc

    NON AU OUI BOUANA LECHE CUL

    Ngijol et Eboue sont des Africains prêt à tout pour gagner de l’argent
    facilement en piétinant l’histoire et la mémoire des déscendants
    d’esclaves .
    CE TORCHON appelé film par ces 2 comiks mis en avant par des blancs
    révisionnistes FACHISTE et ne mérite que du mépris et droit être
    condamné FERMEMENT contrairement à certains MACAQUES DE SERVICE qui ont oubliés
    le sens des commémorations de ce crime contre l’humanité …

    Honte aux deux pseudo acteurs, esclaves de maison! Il l’esclavage ,
    ah oui, il faut en rire. En plus, ca rassure le Francais de souche vu
    que ce sont deux stupides Noirs vendus qui rient des souffrances de
    l’esclavage. Les petits collegiens de l’Hexagone ne connaissent en
    rien de l’esclavage et , en voyant ce film, se diront  » bah
    finalement, l’esclavage ne devait pas etre si terrible que ca, ca
    devait etre fun »

    DES HYPOCRITES AFRICAIN BOUNTY MALPROPRE pret à tout pour se faire
    un maximun d’argent sale en vendant la mémoire et soufrrances de nos
    aieux… les arabes qui riaient dans la salle aurait’ils autant rient
    si à la place de l’esclavage c’était l’histoire de la PALESTINE ?

    juillet 14, 2011 at 19 h 22 min
  • Yosra

    J’ai également détesté ce film, je l’ai trouvé grossier et déplacé (même si cet article est intéressant et très bien écrit).

    En revanche Nelson je ne comprends pas la pique gratuite envers les arabes: « Les arabes qui riaient dans la salle auraient ils autant ri si à la place de l’esclavage c’était l’histoire de la PALESTINE ? »
    Je suis arabe, je n’ai pas ri mais tout le reste de la salle rigolait: noirs, arabes, parisiens, antillais,…

    juillet 29, 2011 at 10 h 13 min

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