Actu

Les expositions à voir chez nos voisins, début 2019

Les expositions à voir chez nos voisins, début 2019

07 janvier 2019 | PAR Sabina Rotbart

De la Belgique à l’Italie, en passant par Londres et les Pays-Bas,
les grandes expos où foncer.

°A Bruxelles et en Flandre : s’encanailler avec Bruegel.

Bruegel, ce « paysan » comme on le surnommait à l’époque, a passé la majeure partie de sa vie en ville, entre Anvers et Bruxelles! Des villes qui célèbrent cette année les 450 ans de sa mort.

Scènes de labeur, esprit bon vivant, ses peintures cristallisent un certain esprit flamand devenu presque un cliché. Parmi les nombreuses expositions proposées cette année, certaines sont particulièrement attirantes, comme celle sur La gravure du temps de Bruegel, une collaboration Bozar-Bibliothèque royale de Belgique, qui permettra de mieux contextualiser son œuvre (à partir du 20/02). Mais aussi de réaliser que la Flandre était à l’époque le centre international de la production d’estampes. Autre pépite, La fête des fous, Bruegel redécouvert, au Château de Gaasbeek, au sud-ouest de Bruxelles. Une féconde déconstruction du mythe Bruegel, apparu au XIXème siècle (à partir du 7 avril).

Quant aux enfants, on ne manquera pas de les mener à Bokrijk, un musée en plein air à une heure de voiture de Bruxelles. L’endroit reproduit dans d’immenses granges la vie et les paysages de son temps (à partir du 6 avril).

Brueghel. Danse de noces 1600.
Musée des Beaux arts de Bordeaux.

Pour ne pas faire de jaloux, on s’arrêtera chemin faisant à Cassel en France tout près de la charmante ville de Saint-Omer. Car le Musée de Flandre (la Flandre française cette fois !) présentera Fêtes et kermesses du temps de Bruegel, un projet riche de nombreux prêts publics prestigieux et d’œuvres sorties de collections privées. Cela promet (à partir du 16 mars)!

www.flemishmasters.com
www.bozar.be
www.kasteelvangaasbeek.be
www.bokrijk.be
www.museedeflandre.fr

° A Bruxelles toujours : vous allez pouvoir expérimenter le débat d’idées qui agita Berlin entre les deux guerres, au cabaret philosophique de l’exposition Berlin 1912-1932 (jusqu’au 27 janvier) qui se tient aux Musées royaux des Beaux arts de Belgique-Bruxelles.
www.fine-arts-museum.be

°aux Pays-Bas, redécouvrir Rembrandt et le siècle d’or hollandais.

Les Pays-Bas fêtent Rembrandt, disparu il y a 350 ans, en l’abordant par tous les « angles », si l’on peut dire ! Né à Leyden, il a vécu à Amsterdam, aussi les deux villes lui consacrent-elles des expositions.

Leyden, justement vient de restaurer entièrement le Musée de Lakenhal. Une occasion rêvée d’apprécier le jeune Rembrandt, avec des œuvres où sa manière déjà totalement singulière se lit facilement. L’exposition bénéficie de prêts venus du Met et du Rijskmuseum. (jusqu’au 9 février).

A Amsterdam, la maison de Rembrandt, Rembrandthuis, parlera de l’importance de son réseau relationnel (à partir de février), pendant que le Rijkmuseum expose simultanément tous ses Rembrandt (à partir du 15 février).
C’est une occasion unique, car les dessins du XVIIème sont très fragiles. Pendant quatre mois, le visiteur aura simultanément la chance rare d’admirer, de confronter, de détailler, 60 dessins, 300 gravures et 22 tableaux… Une vision vraiment complète et fouillée de l’évolution de l’artiste.

Il faudra cependant compléter cette première approche en rejoignant La Haye où le Mauritshuis possède la deuxième collection du pays (à partir du 31 janvier). Redondant nous direz-vous ?
Certainement pas ! Car le musée a adopté un parti pris passionnant. Celui de raconter l’histoire de son propre rapport à l’artiste, comment les toiles sont rentrées dans sa collection, comment les œuvres ont été données, achetées, appréciées ou jugées démodées. Rembrandt et le Mauritshuis (à partir du 31 janvier).
On verra aussi comment sur 18 tableaux en sa possession certains ont été dés-attribués puis parfois réattribués à l’artiste.

Leeuwarden s’est aussi mobilisée car Saskia, la femme de l’artiste, venait de Friese. Aussi le Friesmuseum de Leeuwarden consacre-t-il une belle exposition à l’amour au Siècle d’or, Rembrandt et Saskia, aimer au siècle d’or, (jusqu’au17/3). Tout sur l’amour, les fêtes de mariage, les cadeaux, mais aussi la mortalité infantile…
www.mauritshuis.nl
www.friesmuseum.nl
www.lakenhal.nl
www.rijksmuseum.nl
www.rembrandthuis.nl

Ce focus ne devrait cependant pas vous faire oublier d’autres expositions comme celle sur David Lynch à Maastricht, au Musée des bons enfants « Someone is in my house » qui montre ses peintures, vidéos…bref, l’aspect foisonnant de son œuvre (jusqu’au 28/4). Mais aussi, au Gemeentemuseum de la Haye, celle qui parle des femmes de pouvoir dans l’univers de la mode, « Femmes fatales »(jusqu’au 24/3).

www.gemeentemuseum.nl
www.bonnefantenmuseum.nl

° A Vienne, en Autriche, des présentations audacieuses mettent les artistes femmes en valeur.

Le Kunstforum présente ainsi à partir du 15 février une exposition particulièrement intéressante, Flying High. Voler haut, les femmes et l’art brut, pendant que le Musée du Belvédère multiplie ses offres féministes avec Femmes artistes à Vienne de 1900 à 1938 (à partir du 25 janvier). Plus tard les œuvres de Kiki Smith seront accueillies là. La scène actuelle sera présentée, elle, au Belvedere 21 à partir du 1er mars dans Junge szene.

www.kunstforumwien.at
www.belvedere.at

° En Italie, voir Léonard chez lui,
Avant de suivre Léonard de Vinci en France, dans le Val de Loire, où il a fini sa vie, accueilli par François 1er, c’est une bonne idée de rejoindre Milan, ne serait-ce que pour faire taire la polémique identitaire actuelle. D’ailleurs la grande rétrospective du Louvre ne commence qu’en octobre (le 24), aussi avons-nous le temps d’aller admirer les œuvres italiennes.

A Milan, donc, au Musée des sciences et techniques Léonard de Vinci sont exposées les 150 maquettes réalisées en 1950 des machines imaginées par Léonard. L’intérêt est doublement historique car ces maquettes sont présentées en regard des fresques venues de la Pinacothèque de Brera. Des œuvres d’artistes lombards du XVIème arrachées aux églises, palais et monuments par Napoléon qui en envahissant la région met à sac ses monuments. C’est donc une juxtaposition art et science originale.
Par ailleurs, toujours à Milan, on ne se privera pas d’aller revoir le Portrait de musicien à la bibliothèque Ambrosiana, et évidemment la Cène, exposée dans l’église Santa Maria delle Grazie.
A Florence, le Palazzo Strozzi évoquera à partir du 9 mars Andrea del Verrochio dont Léonard fut l’élève. Car même un génie ne s’est pas fait tout seul. Il restera à rendre visite, dans cette même ville, à l’Adoration des mages, aux Offices.

Puis, vous choisirez peut-être de voir L’ébouriffée, à la Galerie nationale de Parme, une ville tout à fait méconnue, le Saint Jérome au musée du Vatican et l’Homme de Vitruve, celui aux proportions idéales, à la Galleria dell’academia de Venise. L’occasion d’un Grand Tour thématique donc.

www.museoscienza.org
www.milan-museum.com
www. palazzostrozzi.org

En Suisse, à Lausanne, la violence racontée par les artistes

Lausanne, ville douce et calme, montre particulièrement bien les moments de violence qui traversent l’histoire. Sans fausse pudeur. Cette saison les curateurs y explorent l’impact de la révolution industrielle qui se lit dans la peinture anglaise de l’époque victorienne.

La Fondation de l’Hermitage, spécialiste des expositions synthétiques qui font le point sur la scène artistique européenne, s’attarde cette année sur la peinture anglaise de Turner à Whistler,
C’est une sélection de 90 œuvres qui illustrent la richesse singulière de l’art anglais au XIXe siècle. Ce moment où l’Empire britannique est en plein développement et où la révolution industrielle détruit les liens et les modes de vie antérieurs inspirent des scènes de genre impressionnantes.
Les œuvres montrent l’essor des villes et des transports en commun, la naissance de la classe moyenne ou le travail à domicile. Pendant que de nombreux artistes se réfugient dans l’évocation de thèmes antiques ou littéraires ou dans la peinture de paysage (à partir du 1er février)

Le musée de l’Elysée s’arrête, lui, sur la violence actuelle, que saisit Matthias Bruggmann. Ce photographe présent longtemps sur le théâtre des opérations en Syrie. Cela s’appelle Un acte d’une violence indicible (jusqu’au 27 janvier)

www.fondation-hermitage.ch
www.lausanne-musees.ch

Tout près de Lausanne, à Vevey (il suffit de prendre le bateau qui fait fonction là-bas de métro), le Musée Jenisch présente une exposition au sujet intrigant « Dessin politique, Dessin poétique »
Jusqu’au 24 février).

www.museejenisch.ch

°A Madrid, l’exil
Au travers d’une monographie pointue sur Max Beckmann, l’exilé, au Museo Thyssen-Bornemisza, démarche rare, à ne pas manquer (elle se clôt le 27 janvier).

www.museothyssen.org

°A Londres enfin, une pléthore de manifestations. Il faudra y courir si le Brexit nous le permet…

La Reine, sort elle aussi pour l’occasion, sa somptueuse collection de dessins de Léonard. C’est Leonard de Vinci,A life in drawing, présentée à partir du 2 février au British Museum.
Mais vous préférerez peut-être un point de vue plus actuel, celui, acide, présenté à la National portrait Gallery que Martin Parr lance sur ses contemporains saisis dans leur fièvre protectionniste ou dans leur pauvreté, après le vote sur l’UE (Only human , à partir du 7 mars).

A moins de vous tourner vers la Tate Britain qui présente une grande rétrospective Don Mccullin. Ce photographe, qui, à côté des guerres du Vietnam ou de Syrie, témoigne sur la pauvreté dans son propre pays, dans l’East end de Londres ou le nord industriel. Pour vous remettre de ces constats, peut-être choisirez-vous de redécouvrir vers un futur déjà obsolète, celui des maquettes de Stanley Kubrick présentées au Design museum (à partir du 26 avril).

Quant à la Tate, Elle a choisi de montrer la sculpture anglaise des années cinquante, et une grande rétrospective sur Burne-Jones, ce symboliste proche de William Morris.
(jusqu’au 24 février).

La Tate modern, elle, présente l’art à Weimar en Allemagne, de 1919 à 1939, le réalisme magique.
Pendant qu’à Liverpool, La Tate liverpool expose les artistes pionniers des années soixante à aujourd’hui dans Op art in focus. Toujours à Liverpool, La Walker art Gallery montre très finement CH. R Mackintosh avec 250 objets. A partir du 15 mars. Et les collections LGBT.

Enfin Un musée d’art contemporain va ouvrir incessamment à Edimbourg, tout en haut de la ville, la collective Gallery…

www.britishmuseum.orgwww.npg.org

www.designmuseum.org

www.tate.org.uk
www.collectivegallery.net

www. liverpoolmuseum.org

° A Berlin,
L’été de l’amour, art mode et rock & roll réjouit au Palais Populaire jusqu’au 28 octobre Au s’intéresse à la mode Hippie des années 70 à San Francisco, avec des films, musiques, vêtements de l’époque.

www.db-palaispopulaire.de

Sabina rotbart

T-Stone, un talent venu des Antilles
Gagnez 5×2 places pour Amadigi (opéra en 3 actes – 1715) de G. F. Haendel
Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *