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[Critique] « Last Days of Summer », huis clos maladroit partiellement sauvé grâce aux talents de Kate Winslet et Josh Brolin

[Critique] « Last Days of Summer », huis clos maladroit partiellement sauvé grâce aux talents de Kate Winslet et Josh Brolin

28 avril 2014 | PAR Hugo Saadi

Après George Clooney (In the Air), Charlize Theron (Young Adult), Jason Reitman, le réalisateur américain de Juno rassemble devant sa caméra Josh Brolin et Kate Winslet pour Last days of Summer, un drame romantique maladroit et très surligné au niveau de la mise en scène.

[rating=2]

Le pitch de départ n’est pas bien compliqué. Adèle (Kate Winslet) et son fils Henry (Gattlin Griffith) sont contraints de cacher pendant quelques jours Franck (Josh Brolin), un détenu qui vient de s’évader. Condamné pour meurtre, l’homme arrive très rapidement à installer une relation de confiance avec ses deux « otages ». Outre cette confiance c’est une véritable relation amoureuse qui va naitre entre Adèle et Franck (la tension sexuelle remplace rapidement la peur), tandis que le jeune garçon va voir de plus en plus en cet homme une figure paternel, un mentor. Avec Jason Reitman, les personnages sont toujours le centre d’intérêt premier de ses films. Pas de manquement à la règle avec Last days of Summer, le trio est bien mis sur le devant du métrage à chaque instant. Il tente de constituer un background en ajoutant des évasions sur le passé, des flash-back et des secrets pesants pour livrer un final qui viendra jouer légèrement avec nos émotions.

Mais le souci premier c’est ce ventre mou qui se met en place dès l’arrivée de Franck dans la maison jusqu’à ce final qui vient réveiller le spectateur, malmené par une romance à l’eau de rose. Le manque d’empathie envers les trois protagonistes va alors créer un décalage entre ce qui se passe à l’écran et ce que ressent le spectateur. Effectivement, comme dit précédemment, les personnages sont le cœur même du récit et ce triangle affectif est le seul ingrédient qui vient nourrir le film pendant plus d’une heure et demie. Le risque est donc d’être rapidement mis de côté face à une certaine niaiserie, des scènes ennuyeuses (réalisation d’une tarte, rénovation du porche, partie de baseball…), une intrigue complètement balisée et des plans miévreux.

Malgré l’échec pour se saisir correctement du sujet, Jason Reitman arrive à offrir aux acteurs des rôles très bien écrits. Kate Winslet est fidèle à elle-même, s’imprégnant de son personnage au plus profond d’elle. Dépressive depuis le départ de son mari, elle ne quitte presque jamais sa maison et c’est le jeune fils de 13 ans qui assume toutes les tâches. Son personnage va au fur et à mesure se transformer pour retrouver, sa joie de vivre d’antan. Josh Brolin donne le tempo et arrive en l’espace d’un instant à passer de la provocation de la peur et la crainte à la sécurité. Avec le personnage de Gattlin Griffith, le réalisateur américain dépeint le passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Last days of Summer est donc paradoxal. Des personnages bien écrits qui sont les éléments centraux, mais qui ne parviennent pas à relever le niveau d’un film qui pèche lourdement dans sa réalisation.

 

Last days of Summer, un film de Jason Reitman avec Kate Winslet, Josh Brolin, Gattlin Griffith, drame américain, 1h51. Sortie le 30 avril 2014.

visuels © Paramount Pictures France

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